Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Le Monde Afrique Le Monde Afrique Lettres de Lettres de Lettres de L’établissement historique, ouvert en 1902 en plein centre-ville, n’a pas fermé après l’inauguration, en 2025, du Grand musée égyptien, à côté des pyramides. Dépouillé notamment des vestiges du tombeau de Toutankhamon, il contient encore des pièces de grande valeur. Article réservé aux abonnés LETTRE DU CAIRE Elle est là, juste après l’entrée du musée, à attendre les visiteurs. Un éclairage léger suffit à restituer les moindres détails de cette plaque de schiste finement ciselée, pourtant d’un âge immense : elle a plus de 5 000 ans. C’est la palette de Narmer, du nom du roi que nombre de chercheurs identifient comme celui qui a unifié la Haute-Egypte et la Basse-Egypte, et fondé la première dynastie. La palette est en quelque sorte l’acte de naissance de l’Egypte antique. Elle montre Narmer, portant la couronne blanche de la Haute-Egypte et une queue de bœuf à la ceinture, s’apprêtant à frapper un homme à genoux, manifestement prisonnier. Sur l’autre face, elle représente le roi arborant cette fois-ci la couronne rouge de la Basse-Egypte. Face à lui, dix hommes représentés à l’horizontale, ligotés, castrés et décapités, têtes et parties génitales entre leurs pieds. Le sort réservé à ceux qui défient les pharaons de la toute-puissante Egypte. La palette représente aussi les dieux Horus et Hathor, et fixe dans la proportion des corps les canons d’une esthétique qui va durer quelque trois mille ans. Il vous reste 80.19% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.