Qui dit Coupe du monde dit fête. Et qui dit fête dit parfois drogue. Depuis des mois, les cartels mexicains sont à pied d’œuvre pour acheminer d’importantes quantités de drogues dans les villes canadiennes et états-uniennes qui accueilleront des matchs de la Coupe du monde de soccer, indique un ex-agent de l’Agence américaine de lutte contre le trafic de stupéfiants (DEA).« Les cartels vont s’assurer qu’il y a suffisamment de drogues illicites sur place pour satisfaire les gens qui veulent faire la fête et s’amuser », mentionne au Devoir Charles Noonan, qui a travaillé pendant 27 ans pour la DEA. Ce phénomène s’observe lors de tous les grands événements, précise-t-il, citant notamment les Super Bowls.

« Les cartels sont constamment en train de planifier, d’améliorer leurs opérations et de s’assurer qu’ils disposent de la quantité de drogue dont ils ont besoin pour les occasions qui se présentent. » Avec la Coupe du monde, la FIFA s’attend à accueillir 6,5 millions de partisans dans 16 villes hôtes des États-Unis (11), du Mexique (3) et du Canada (2, Toronto et Vancouver).« Ça attire énormément de gens avec beaucoup d’argent. Une partie de cet argent est dépensée pour des activités illégales. C’est la triste réalité », ajoute celui qui est aujourd’hui responsable de la formation en matière de stupéfiants pour l’entreprise SoRite. Le trafic humain et la prostitution devraient aussi connaître une hausse dans les villes hôtes.On s’attend à ce que de la cocaïne, des méthamphétamines et des opioïdes de synthèse circulent en quantité importante. Celles et ceux qui seront en voyage pour assister à la Coupe du monde seront dans la mire des cartels, croit Charles Noonan. « Les touristes seront d’humeur à faire la fête. Les [revendeurs] iront à leur rencontre dans les hôtels, les bars, les restaurants, les boîtes de nuit. »Tunnels et sous-marinsLes cartels de Jalisco Nouvelle Génération (CJNG) et de Sinaloa, implantés sur la côte ouest du Mexique, sont les plus actifs dans l’importation de drogues aux États-Unis et au Canada. Les substances sont souvent cachées dans des véhicules de particuliers ou dissimulées dans des conteneurs de fret routier, maritime ou aérien. Des tunnels, sous la frontière entre les États-Unis et le Mexique, sont aussi régulièrement démantelés.La semaine dernière, les autorités états-uniennes ont découvert un tunnel de près de 600 mètres de long situé à 17 mètres de profondeur qui reliait Tijuana, au Mexique, à un supposé magasin d’Otay Mesa, en Californie. Le tunnel était doté de rails et de systèmes de ventilation et d’électricité. Des accusations pour avoir comploté en vue de distribuer une tonne de cocaïne, évaluée à 45 millions de dollars américains, ont été déposées contre quatre individus.