Cinq femmes ont demandé, jeudi 4 juin, au tribunal administratif de Paris de condamner l’Etat, reprochant au ministère de la culture d’avoir été inactif face à Christian Nègre, un ancien haut fonctionnaire mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes afin de les forcer à uriner en sa présence. A l’audience, leurs avocates ont demandé une indemnisation de 90 000 à 180 000 euros. Mais la rapporteuse a préconisé une réparation à une dizaine de milliers d’euros pour chacune.

« Le comportement détestable de M. Nègre » relève d’une « faute personnelle », d’un « homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences », a fait valoir la rapporteuse, écartant la responsabilité du ministère. Elle a ainsi évalué à 1 000 euros le préjudice corporel des requérantes – « sensation de malaise, bourdonnement pendant vingt-quatre heures » pour l’une, « douleurs à la vessie » pour une deuxième… Mais n’a pas retenu les « effets secondaires » au-delà des vingt-quatre heures, jugés non « établis ».

Elle a recommandé au tribunal d’ajouter 1 000 euros pour « les difficultés » persistantes « de la vie quotidienne », comme le « manque de confiance », et estimé à 10 000 euros le préjudice moral, comme « la panique bien réelle » ressentie par les femmes. En revanche, la rapporteuse a « écarté les autres préjudices », comme « l’arrêt des activités sportives » ou « le préjudice sexuel » évoqué pour l’une d’entre elles, estimant ces effets non établis.