Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement PALOMA LAUDET/ITEM POUR « LE MONDE » Planète Planète Planète Rwanda Rwanda Rwanda Par Théodore de Kerros et Paloma Laudet Publié aujourd’hui à 18h00 Article réservé aux abonnés ReportageCollines aux pentes fortes, intensification des épisodes de pluie et sols fragilisés par l’exploitation agricole : dans ce pays d’Afrique centrale, toutes les conditions sont réunies pour que la terre se dérobe. Chaque année, les effondrements emportent des millions d’hectares de terrains et des dizaines de vies humaines. Bleu de travail délavé et mâchoire carrée, Alphonse Mpozambizi, 38 ans, raconte la scène les dents serrées. Cet agriculteur compose au quotidien avec les montagnes capricieuses de l’ouest du Rwanda. Dans la nuit du 23 mars, une pluie diluvienne s’abat sur son village de Kigarama. Un pan de sol argileux saturé en eau s’effondre sur la maison de ses parents, creusée dans le flanc de la colline. Le mur en terre cuite de la chambre à coucher craque sous le poids du glissement de terrain. « J’ai retrouvé mes parents allongés dans leur lit, ensevelis sous la montagne, raconte l’agriculteur, le visage fermé. Au Rwanda, la terre donne et reprend. » Pluviométrie élevée (jusqu’à 2 000 millimètres par an), pentes fortes et quasi-absence de couvert végétal naturel, tous les facteurs sont réunis pour faire du Rwanda l’un des pays d’Afrique centrale les plus touchés par les glissements de terrain. Le phénomène s’observe particulièrement dans tout l’Ouest, traversé par la crête Congo-Nil, une chaîne de montagnes qui sépare les bassins versants de ces deux grands fleuves africains. Il vous reste 86.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.