Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Génocide des Tutsi au Rwanda Génocide des Tutsi au Rwanda Génocide des Tutsi au Rwanda Tribune Aurélien Rousseau Député (Place publique) des Yvelines A l’occasion de la commémoration du génocide survenu en 1994, le député Aurélien Rousseau, président du groupe d’amitié France-Rwanda, appelle, dans une tribune au « Monde », à prendre pleinement la mesure des responsabilités de la France et à accompagner un nécessaire travail de mémoire. Publié aujourd’hui à 09h30, modifié à 10h01 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés En quelques semaines, 1 million de Tutsi ont été massacrés au Rwanda. C’était en 1994, il y a trente-deux ans. Ce génocide, aboutissement d’une idéologie dont toutes les racines ne sont pas encore mortes, a été observé de loin, quand on n’a tout simplement pas refusé de le voir à l’époque. Ce sont les faits. Bruts, froids, terrifiants, incontestables : 1 million de morts en quelques semaines. Mardi 2 juin, un monument à la mémoire des victimes sera inauguré à Paris par les présidents rwandais, Paul Kagame, et français, Emmanuel Macron. Il était temps, car la violence du mensonge maintient la plaie ouverte. Aujourd’hui, de nombreuses forces, dans une improbable alliance, tentent d’imposer un autre récit et d’intimider ceux qui défendent la vérité. En France comme ailleurs, des thèses inacceptables s’installent. Certaines d’entre elles, ouvertement négationnistes, finissent devant la justice, comme cela a été le cas pour le journaliste Charles Onana et son éditeur Damien Serieyx [des Editions du Toucan], condamnés en décembre 2024 par la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. D’autres sont plus insidieuses. Il a fallu la mobilisation des associations de défense de la mémoire du génocide pour aboutir à l’annulation d’un concert, en mars 2025 à Paris, tant le vocabulaire de l’inégalité ethnique et de la violence imprégnait les prises de position des artistes invités. L’exploitation politique est aussi l’une des faces de cette offensive, par exemple lorsque La France insoumise reprenait, en mars 2025, dans une proposition de résolution européenne, l’immonde thèse des « génocidés devenus génocidaires » pour condamner la situation dramatique dans l’est de la République démocratique du Congo et mettre en cause les autorités rwandaises. Actes essentiels Et puis, n’oublions pas que, sur notre sol comme en Belgique, de nombreux instigateurs ou responsables du génocide n’ont toujours pas été jugés. Agathe Habyarimana [première dame du Rwanda de 1973 à 1994], qui fut au cœur du système génocidaire, se trouve toujours en France, où elle a été exfiltrée après l’assassinat de son mari [Juvénal Habyarimana, le 6 avril 1994]. Il a fallu une décision de la cour d’appel de Paris, au début du mois de mai, pour que soient relancées les investigations sur son rôle dans le génocide, après un premier non-lieu indéfendable. Non, la page n’est définitivement pas tournée. Il vous reste 57.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.