Les bateaux prennent le départ de la Solitaire du « Figaro », à Perros-Guirec (Côtes-d’Armor), le 17 mai 2026. FRED TANNEAU / AFP
« Pour être honnête, je ne réalise pas encore. Pour l’instant, j’ai faim, j’ai froid, je suis mouillé et j’ai très mal au dos. » Dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 juin, au Havre (Seine-Maritime), Nicolas Lunven a remporté sa troisième Solitaire du « Figaro », après ses victoires de 2009 et de 2017. Le Breton de 43 ans a tiré son épingle du jeu au terme d’une édition dont la dernière étape, entre Pornichet (Loire-Atlantique) et Le Havre, a été marquée par une série d’abandons.
Sixième du dernier Vendée Globe, le skipper de PRB retrouvait cette année une course qu’il n’avait plus disputée depuis neuf ans. Une épreuve à part, considérée comme l’une des écoles les plus exigeantes de la course au large. Il y était revenu, encouragé par son ami Yoann Richomme (Paprec), lui aussi tenté par ce détour, avant de renoncer en raison d’une blessure aux côtes lors d’une course préparatoire. « Bon, finalement, il m’a laissé tranquille, et c’était plutôt une bonne idée », a déclaré en plaisantant Nicolas Lunven à l’arrivée.
Avant le départ, le marin expliquait au Monde être venu chercher un « retour aux sources ». Après près de dix ans en Imoca, ces monocoques de 18 m rapides, technologiques et capables de traverser les océans, il ressentait le besoin de retrouver les fondamentaux de la navigation. « Sur ces gros bateaux, on a tendance à perdre un peu le contact avec le terrain. J’avais envie, et besoin sans doute, de revenir à des choses plus concrètes, sur un bateau plus petit, plus rudimentaire. »











