Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats La France insoumise (LFI) La France insoumise (LFI) La France insoumise (LFI) Longtemps proche de La France insoumise, le professeur de philosophie Benoît Schneckenburger explore les racines de l’élitisme comme de l’essentialisation du peuple, dans un livre en forme de défense de la démocratie face aux attaques contemporaines qu’elle essuie. Article réservé aux abonnés Livre. Professeur de philosophie en classes préparatoires, Benoît Schneckenburger a été, dans une autre vie, chef du service d’ordre de La France insoumise (LFI), chargé notamment de la protection rapprochée de Jean-Luc Mélenchon, et candidat de ce parti aux élections européennes de 2019. Depuis, il ne détient plus de responsabilités au sein du mouvement, mais reste coresponsable du département de philosophie à l’Institut La Boétie, le groupe de réflexion du parti. Dans La Haine du peuple (Fayard, 304 pages, 22,90 euros), il pose une question-clé : « Qui a peur de la démocratie ? » « Du côté des professionnels de la politique, qu’ils soient théoriciens ou acteurs, le rejet de la démocratie cache la haine du peuple », écrit-il, avant de retracer une histoire philosophique de cette détestation « encore profondément ancrée », selon lui. Elle serait variée, viendrait du sommet, des élites ou des experts en science politique…, de tous ceux qui justifieraient, par la compétence notamment, la capacité d’un petit nombre à concentrer le pouvoir, même dans les démocraties. Ce désamour démocratique émanerait aussi du confort qu’il y a à s’en remettre à une autorité : « C’est toujours plus facile d’avoir un chef, toujours plus difficile de décider collectivement », avance M. Schneckenburger. Partout un procès serait fait à la démocratie, jusque dans l’écologie, remarque l’auteur, relevant la tendance de certains défenseurs de la planète face au dérèglement climatique à penser que l’inaptitude des processus démocratiques à « saisir les enjeux d’une catastrophe lointaine et diffuse » peut justifier parfois une « tyrannie bienveillante » pour sauver l’habitabilité du monde. Le populisme dépassé Son livre, clair et pédagogique, se lit aussi comme la réflexion d’un militant de gauche revenu de certaines idées. Sans rompre avec LFI, le professeur de philosophie met à distance l’un de ses concepts fondateurs : l’idée de la nature « agonistique » de la vie politique, telle qu’a pu l’analyser la philosophe belge Chantal Mouffe, qui confine le politique à une opposition entre ami et ennemi. « La tendance à réduire la vie politique à une forme de vie existentielle animée par le conflit dont la perspective ultime reste la guerre, et la guerre effective, ne permet pas de penser l’union et la régulation des relations », écrit M. Schneckenburger. Pour lui, la philosophie politique depuis Héraclite, en passant par Machiavel et Marx, doit permettre de penser la lutte entre le peuple et les élites sans en faire un combat « à mort ». Il vous reste 21.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Comment penser la lutte entre le peuple et les élites, sans en faire un choc entre ennemis
Longtemps proche de La France insoumise, le professeur de philosophie Benoît Schneckenburger explore les racines de l’élitisme comme de l’essentialisation du peuple, dans un livre en forme de défense de la démocratie face aux attaques contemporaines qu’elle essuie.









