Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats La France insoumise (LFI) La France insoumise (LFI) La France insoumise (LFI) Analyse Sandrine Cassini Avec le concept de « nouvelle France », Jean-Luc Mélenchon a placé la question identitaire au cœur de la campagne présidentielle de la gauche. Avec le risque de légitimer le discours de l’extrême droite. Publié aujourd’hui à 11h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Est-ce un signe des temps ? Mardi 30 juin, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), a étrenné un nouveau concept dans le débat public, celui d’une « France vivante », évoquant un « pays métissé », « multiculturel », « plurireligieux ». Avant lui, Raphaël Glucksmann (Place publique) avait exhibé sa « fierté d’être français », tandis que Jean-Luc Mélenchon, lui, a placé sa « nouvelle France » au cœur du logiciel « insoumis », depuis plusieurs mois. Chacun à sa façon, ces trois personnalités de gauche ont mis la question de l’identité dans le débat de ce début de campagne présidentielle. Un thème inhabituel pour cette famille politique. Historiquement, la gauche a toujours préféré les questions sociales aux thématiques identitaires, craignant de faire le jeu de l’extrême droite. Quand elle s’y est essayée, le résultat n’a pas toujours été probant. Ainsi, le virage du PS vers l’antiracisme, qui avait abouti à la création de SOS Racisme en 1984, s’était montré « déceptif, car cela n’a pas changé la société française », se souvient Saïd Benmouffok, conseiller à la Mairie de Paris et adhérent à Place publique. Dans les années 1990, ce fils d’immigrés algériens, qui vivait à Mantes-la-Jolie (Yvelines), ne « voulai[t] pas en entendre parler », car « c’était une façon condescendante de parler des jeunes de banlieue ». Mais l’époque a changé, et l’identité est aujourd’hui l’un des clivages les plus profonds dans la société française. La « conscience de classe » s’est peu à peu diluée, y compris à gauche. « On se définit désormais par son mode de vie, son genre, ses origines, sa religion, moins par son appartenance sociologique », comme le souligne le politologue Jean-Yves Dormagen, fondateur de l’institut Cluster 17. L’identité est d’autant plus polarisante qu’elle ne supporte aucun compromis. Si le phénomène est présent partout, la question est particulièrement prégnante en France, où « aucune société n’a vécu des mutations aussi importantes avec, d’un seul coup, des gens qui s’installent dans un pays qui a décolonisé », détaillait l’historien Pascal Blanchard au Monde en avril. L’extrême droite, qui souffle depuis longtemps sur les braises de la « France éternelle », l’a parfaitement compris. Il vous reste 61.32% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.