Publié le 03 juin 2026 à 07:30.

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C’est un peu comme si l’intelligence artificielle passait son permis de conduire… ! Elle n’apprendrait pas seulement à freiner, accélérer ou rester dans une voie. Non. Elle chercherait à anticiper l’imprévisible. A imaginer ce qui pourrait arriver dans les prochaines secondes. Un enfant qui traverse sans prévenir. Un piéton qui regarde son téléphone plutôt que la route. Un scooter qui surgit de nulle part. Une bâche qui s’envole d’un camion et atterrit malencontreusement sur notre pare-brise.Longtemps, la voiture autonome a été présentée comme une démonstration technologique futuriste. Aujourd’hui, la recherche a changé de dimension. Le défi n’est plus de faire rouler une voiture seule sur une route vide d’Arizona. Il est désormais de permettre à un véhicule autonome de comprendre et d’anticiper notre vie réelle.Et dans cette course technologique, la Suisse romande avance vite et bien, tout en cultivant une discrétion tout helvétique. Ce voyage dans de possibles futurs nous conduit sans détour à l’EPFL. C’est là que le laboratoire VITA (Visual Intelligence for Transportation), dirigé par le professeur Alexandre Alahi, travaille sur une nouvelle génération d’intelligence artificielle dite «socialement consciente». L’objectif: permettre aux véhicules autonomes non seulement de voir, mais surtout de prédire les comportements humains.«Le véritable défi n’est pas de réagir au présent, explique Alexandre Alahi. Les systèmes autonomes doivent apprendre à imaginer et simuler plusieurs futurs possibles, exactement comme les humains le font intuitivement»Car conduire est avant tout un exercice d’anticipation permanente. Un conducteur humain ne se contente jamais d’observer la route. Il interprète des intentions, il lit des comportements, il devine parfois inconsciemment qu’un piéton hésite à traverser ou qu’un cycliste va dévier de sa trajectoire. Pour une machine, cet exercice reste extraordinairement complexe.