Le gouvernement risque de se faire barrer la route par le Parti conservateur du Québec s’il va de l’avant avec un projet de loi sur l’interdiction de vendre des boissons énergisantes aux mineurs avant la fin de la session parlementaire.Selon Radio-Canada, le gouvernement Fréchette se prépare à déposer un projet de loi pour interdire la vente de boissons énergétiques aux moins de 16 ans.Or, s’il veut le faire adopter d’ici à la fin de la session, le 12 juin, il devra recourir à une procédure accélérée au Parlement, et cette dernière nécessite l’appui de tous les partis d’opposition et des députés indépendants.Les conservateurs auraient alors la possibilité de bloquer l’adoption du texte, comme l’avait fait le député indépendant Youri Chassin lors du dépôt du projet de loi sur l’ajout de deux circonscriptions électorales.
Avec l’étude du projet de loi 23 sur les hospitalisations forcées (le texte initial est connu sous le nom de P-38) qui est toujours en cours, un nouveau projet de loi en santé sur les boissons énergisantes ne peut pas être étudié en même temps en commission parlementaire. D’où le recours possible à une procédure accélérée.Un projet de loi précipité, aux yeux des conservateursLe risque d’un blocage reste toutefois théorique à cette étape-ci. Mardi, le Parti conservateur du Québec n’a pas voulu dire qu’elle était sa stratégie dans ce dossier. La députée Maïté Blanchette Vézina, qui suit le dossier, attend de voir le contenu du projet de loi pour décider ce qu’elle fera, a indiqué son attachée de presse Manon Cambefort.Mais elle confirme que la députée est toujours opposée à une interdiction aux moins de 16 ans.« La CAQ et les autres partis agissent de manière précipitée dans un dossier sérieux qui mérite qu’on prenne le temps plutôt que de se précipiter dans des interdictions à la va-vite qui auront encore des impacts sur la taille de l’État », a écrit le 26 mai Mme Blanchette-Vézina sur ses réseaux sociaux.Le cabinet de la ministre de la Santé, Sonia Bélanger, n’a pas voulu confirmer, de son côté, qu’il comptait déposer un projet de loi. « La volonté de la ministre est toujours d’intervenir pour protéger les jeunes face à cet enjeu de santé publique grandissant et préoccupant. Aucune option n’est écartée mais aucune décision n’a été prise », a indiqué par écrit son attachée de presse Catherine Barbeau.Le mouvement en faveur d’une législation sur les boissons énergisantes a pris de l’ampleur ces derniers mois dans la foulée du décès de Zachary Miron. La mort de l’adolescent avait été causée par l’interaction entre une boisson énergisante et le médicament qu’il prenait pour traiter son trouble du déficit de l’attention.Plus de détails suivront.










