Gisela Ortiz, dont le frère Luis a été enlevé et assassiné par le groupe paramilitaire Colina, en 1992, sous le mandat d’Alberto Fujimori. A Lima (Pérou), le 29 mai 2026. FLORENCE GOUPIL POUR « LE MONDE »
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ReportageAlors que Keiko Fujimori, fille de l’ex-autocrate Alberto Fujimori (1990-2000) condamné pour crimes contre l’humanité, est en bonne position pour être élue dimanche 7 juin, les familles des victimes de la violence d’Etat craignent le retour d’un régime autoritaire et se mobilisent pour faire acte de mémoire.
Elle tient au bout de ses doigts frêles la photo de son fils, Luis Enrique Perea Ortiz. « Il aurait eu 55 ans aujourd’hui », soupire Magna Perea, 83 ans, les yeux embués. Malgré les années, le souvenir de la disparition de son « premier enfant », à l’âge de 21 ans, enlevé à l’université de La Cantuta, dans la capitale de Lima, puis tué par un escadron de la mort en juillet 1992, est toujours douloureux. A ses côtés, sa fille Gisela a disposé des archives sur le canapé du modeste salon : coupures de presse jaunies, documents judiciaires… Les murs sont parsemés de cadres évoquant les disparus de La Cantuta, comme un musée de souvenirs témoignant du combat de Gisela en mémoire de son frère et de milliers d’autres victimes.














