Idées et débatsTribune. Depuis le début de l'année, le Smic a été revalorisé de 3 %. Mais pour Nathalie Janson et Joris Valentini, cette envolée du salaire plancher complexifie l'entrée des jeunes sur le marché du travail et humilie les classes moyennes.Par Nathalie Janson et Joris Valentini*Publié le 02/06/2026 à 13:00bookmarkLe mythe de la générosité de la République se nourrit d'une illusion d'optique. Quand le Smic progresse plus vite que tout, ce ne sont pas les pauvres qui s'enrichissent : ce sont les classes moyennes qui s'appauvrissent en termes relatifs.PHOTOPQR/LE DAUPHINE/MAXPPPLe 1er juin, le Smic a augmenté de 2,41 %, porté par le déclenchement automatique de l'article L. 3231-5 du Code du travail. Cumulée à la revalorisation de 1,18 % du 1er janvier, la hausse dépasse 3 % en moins de six mois, indexée sur la seule inflation, déconnectée des gains de productivité qui devraient pourtant tirer toute progression salariale durable. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou en a fait un trophée social. A tort. Cette énième envolée du salaire plancher n'est pas la victoire des travailleurs qu'on nous chante : c'est l'humiliation infligée aux classes moyennes françaises, sommées d'applaudir leur propre déclassement..