Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie Économie Économie Chronique Eric Albert Journaliste au service Economie L’institution de Francfort va probablement augmenter ses taux d’intérêt le 11 juin, alors que la croissance européenne est déjà très faible et qu’il n’y a guère de signes d’emballement de l’inflation, s’alarme Eric Albert, dans sa chronique. Publié aujourd’hui à 10h30 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés En avril et juillet 2011, croyant le gros de la crise financière derrière elle, la Banque centrale européenne (BCE), alors dirigée par le Français Jean-Claude Trichet, augmentait ses taux d’intérêt à deux reprises. Cette décision reste presque unanimement considérée comme une sérieuse erreur. La BCE avait complètement sous-estimé l’ampleur de la crise de la zone euro. En novembre de la même année, en arrivant à la tête de l’institution monétaire, l’Italien Mario Draghi avait dû en toute hâte baisser les taux d’intérêt, avant de promettre d’intervenir « quoi qu’il en coûte » (« whatever it takes ») pour redresser la barre. Quinze ans plus tard, la BCE semble sur le point de commettre une erreur similaire. Lors de sa réunion du jeudi 11 juin, elle va très probablement annoncer une hausse d’un quart de point du taux d’intérêt de référence, de 2 % à 2,25 %. Dans ce monde où la parole est ultra-maîtrisée, Isabel Schnabel, membre du directoire, s’est sentie suffisamment certaine de son fait pour déclarer, jeudi 21 mai : « Dans les conditions actuelles, je pense qu’une hausse en juin sera nécessaire. » La décision laisse de nombreux économistes dubitatifs. « Ce n’est pas la meilleure idée du monde », estime Florence Pisani, économiste en cheffe de Candriam, une société de gestion d’actifs. « Rien ne justifie aujourd’hui de prendre un tel risque », ajoute Enguerrand Artaz, stratégiste de La Financière de l’Echiquier, une autre société de gestion. Rappelons le principe. La BCE a pour mandat officiel de maintenir l’inflation de moyen terme autour de 2 % par an. Actuellement, avec le quasi-doublement du prix du pétrole, celle-ci a atteint 3 % dans la zone euro au mois d’avril. De quoi forcer l’institution monétaire à agir ? Pas automatiquement. L’inflation peut parfois être le signe d’une surchauffe de la croissance. Augmenter les taux d’intérêt – et donc le prix des prêts aux entreprises ou des prêts immobiliers – est alors une façon de refroidir les ardeurs. Cependant, ce n’est pas du tout ce qui se passe en ce moment. Le choc au Moyen-Orient est purement exogène et il augmente de manière mécanique le prix de l’essence ou des engrais. Ce surcoût est subi et négatif pour l’économie. De fait, la Commission européenne a révisé sa prévision de croissance de 1,2 % à 0,9 % dans la zone euro pour 2026. Il vous reste 43.81% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« La Banque centrale européenne semble sur le point de commettre une erreur »
CHRONIQUE. L’institution de Francfort va probablement augmenter ses taux d’intérêt le 11 juin, alors que la croissance européenne est déjà très faible et qu’il n’y a guère de signes d’emballement de l’inflation, s’alarme Eric Albert, dans sa chronique.












