Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Les débats sur l'éducation Tribune Patrick Charaudeau Linguiste A la suite des déclarations mi-mai du ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, concernant le niveau d’orthographe requis au bac en 2026, le chercheur s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur les raisons des difficultés croissantes des Français en la matière. Publié aujourd’hui à 06h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Cette tribune paraît dans « Le Monde de l’éducation ». Si vous êtes abonné au Monde, vous pouvez vous inscrire à cette lettre hebdomadaire en suivant ce lien. Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a déclaré, le 19 mai, que « toute copie qui n’[avait] pas un niveau suffisant en termes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire, ne [pouvait] avoir la moyenne au baccalauréat ». Et voilà que renaît la sempiternelle querelle sur l’orthographe, entre les partisans d’une réforme de celle-ci et ses opposants. Mais est-ce bien là le fond de la question ? Partons d’une première enquête, qui montre l’ambivalence des Français sur cette question. Selon un sondage mené par l’IFOP en 2023, « 62 % des personnes interrogées estiment que la langue française est difficile », mais « une large majorité des Français (85 %), de toutes tranches d’âge, juge avoir un bon (65 %), voire un très bon (20 %) niveau en orthographe ». Ce qui ne les empêche pas d’affirmer (un sur quatre) que l’orthographe « a déjà été un handicap dans leur vie scolaire, professionnelle et même intime », tout en s’opposant (64 %) « à ce qu’elle fasse l’objet de simplifications ». Ils se « déclarent massivement sensibles au bon respect de l’orthographe, aussi bien lorsqu’ils écrivent (93 %) que lorsqu’ils lisent (88 %) », considérant qu’une bonne orthographe est gage de réussite sociale. Voyons maintenant les enquêtes de performance des élèves. Une étude de la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance [le service statistique de l’éducation nationale], diffusée en janvier 2023, révèle que « les élèves de CM2 font aujourd’hui deux fois plus de fautes que ceux de 1987 lors de la même dictée ». Et l’enquête IFOP citée précédemment montre que, soumis à une dictée (« La dictée de l’IFOP »), à peine un Français sur deux (58 %) obtient plus de 12 sur 20, et un sur cinq seulement dépasse la note de 17 sur 20. Il vous reste 71.35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Patrick Charaudeau, linguiste : « Les difficultés de la langue française écrite ne sont un mystère pour personne »
TRIBUNE. A la suite des déclarations mi-mai du ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, concernant le niveau d’orthographe requis au bac en 2026, le chercheur s’interroge, dans une tribune au « Monde », sur les raisons des difficultés croissantes des Français en la matière.









