Publié le 01/06/2026 10:27

Mis à jour le 01/06/2026 10:27

Temps de lecture : 4min - vidéo : 9min

Invité de "La Matinale" ce lundi 1er juin, en marge du sommet "Choose France", Marc Lhermitte revient sur les principaux enjeux de cette grand-messe de la compétitivité française, et notamment l'investissement massif de l'entreprise japonaise SoftBank dans les infrastructures liées à l'IA.

Que faut-il penser de la neuvième édition du sommet "Choose France", alors que des chiffres et des communiqués dithyrambiques sont annoncés l'Élysée ce lundi 1er juin ? Pour en parler, Marc Lhermitte associé chez EY Consulting, est l'invité de "La Matinale" sur franceinfo. "En France, on sait attraper [les] gros projets dans l'IA, l'énergie, l'agroalimentaire, la santé", souligne-t-il notamment, rappelant qu'aujourd’hui, "la compétition est extrêmement vive" en Europe.Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Jean-Baptiste Marteau : Ce lundi 1er juin se tient la neuvième édition du sommet "Choose France" au Château de Versailles. Des communiqués de l'Élysée nous disent déjà que ça va être une année exceptionnelle, avec des annonces records à prévoir. Dans quelques minutes, à l'Élysée, sera signé un premier accord avec le patron de SoftBank, qui est reçu par Emmanuel Macron. Au-delà de ces chiffres impressionnants, doit-on réellement se dire que c'est une très belle édition, ou y a-t-il beaucoup d'effets d'annonce, selon vous ?Marc Lhermitte : C'est une édition qui, comme les huit précédentes, va être le moment pour la France de montrer son attractivité, de se montrer sous son meilleur jour. On a toutes les raisons, 364 jours par an, de montrer les mauvaises nouvelles. Ce "Choose France" est devenu un rendez-vous incontournable pour les chefs d'entreprise du monde entier qui viennent discuter entre eux, écouter un peu ce que la France, qui est un pays qui compte en Europe et dans le monde, a à leur dire pour les mois ou pour les années à venir. Les annonces, ça fait partie du jeu, ça fait partie de la compétition qui est quand même extrêmement vive, intense entre la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, d'autres pays européens. On est dans une période où les investissements se font plus rares, quoi qu'on en pense. Et donc, il faut savoir aussi, à ceux qui nous regardent de plus loin, des États-Unis, d'Asie, du Moyen-Orient, montrer parfois des choses un peu étincelantes, un peu exceptionnelles. C'est ce que ces annonces signifient.Donc, c'est vrai qu'il y a des annonces importantes, que tout ça va être mis en scène, que ce soit à l'Élysée ce matin ou à Versailles cet après-midi. Mais justement, vous parlez de la concurrence extrêmement forte. Est-ce que ça veut dire que malgré tout, malgré les difficultés, la France est un peu revenue dans le jeu international, alors que c'est vrai que ces dernières décennies, on parlait plutôt de super-taxes, de désindustrialisation, de fermetures d'usines ?Oui, il y a eu un retournement il y a une dizaine d'années, parce qu'on a pris conscience que la France était devenue très peu compétitive, c'est-à-dire trop chère, pour dire les choses simplement. Une image écornée par les 35 heures, par des revirements incessants sur la fiscalité, sur les réglementations. Il y a une petite dizaine d'années, autour de 2015-2016, on a commencé par le CICE, la première loi Travail, et une accélération, avec, au cours du premier mandat d'Emmanuel Macron, assez forte, une priorité faite à cette France internationale. Parce que ce n'est pas juste l'investissement étranger, les entreprises américaines, allemandes, italiennes, japonaises. C'est le fait que la France soit un peu plus confiante dans le monde, exporte un peu plus. Il faut savoir que ces entreprises-là, c'est un tout petit nombre d'entreprises, moins de 1 %, elles représentent 35 % de nos exportations industrielles. Donc, c'est primordial, c'est presque vital de les accueillir.C'est quand même étonnant, parce qu'en 2022, on avait une crise énergétique, on avait nos centrales à l'arrêt, c'était une catastrophe, on essayait d'importer du gaz russe pour faire face à cet hiver très rude. Là, l'énergie est notre atout ?Le nucléaire, le rattrapage très fort sur le renouvelable, c'est l'une des raisons pour lesquelles les entreprises, notamment industrielles, viennent en France. Il y a une symbolique de plus avec SoftBank. C'est que c'est une des entreprises qui avait, au premier jour de l'exécutif Trump, plutôt misé sur les États-Unis et qui, là, est en train de regarder l'Europe, et, c'est une chance pour nous, de regarder la France.Mais pourquoi plus la France que les États-Unis ? Parce que l'énergie décarbonée, parce qu'il y a aussi une capacité d'organisation, de commercialisation, de marketing de la France. Les Anglais, les Allemands sont très forts aussi, les Italiens sont très forts. Mais en France, on sait attraper ces gros sujets, ces gros projets dans l'IA, l'énergie, l'agroalimentaire, la santé. Ce sont donc des priorités. Il y a d'autres secteurs dans lesquels ça marche un peu moins bien. Les Français, les territoires, l'État, bien sûr, savent à peu près faire les choses, pas seulement à Versailles, mais aussi toute l'année, pour faciliter la vie de ces projets.Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.