Monde EuropeL'Union européenneEnquête. Après dix-huit mois en fonction, la diplomate en chef de l’UE peine à s’imposer à Bruxelles. Mais les difficultés de l’ex-Dame de fer estonienne reflètent aussi l’incapacité des Européens à concevoir une politique étrangère à l’échelle du bloc.Par Isabelle Ory (correspondante à Bruxelles)Publié le 31/05/2026 à 18:00bookmarkKaja Kallas, vice-présidente de la Commission européenne et haute représentante pour les Affaires étrangères, à Bruxelles, en Belgique, le 11 mai 2026.REUTERSC’est un long soupir peu discret. Ce 13 février, sur l’estrade de la Conférence pour la sécurité de Munich, l’ambassadeur américain auprès de l'ONU dresse le panégyrique de Donald Trump et, à ses côtés, la cheffe de la diplomatie européenne s’impatiente. Sans quitter Mike Waltz du regard, Kaja Kallas gonfle ostensiblement les joues, puis expire lentement. La mimique fera le tour des réseaux sociaux, tant elle résume l’exaspération des Européens face à la Maison-Blanche. Dans la discussion qui suit, l’ex-Première ministre estonienne se montre pugnace et critique des initiatives du président des Etats-Unis."Enfin !" se disent ses partisans. Car, dix-huit mois après son entrée en fonction comme Haute représentante et vice-présidente de la Commission, celle que l’on surnommait "la Dame de fer" peine à imprimer sa marque. Ses débuts effacés confortent ses détracteurs, qui ne la croient pas à la hauteur d’un rôle aussi exigeant. Ils ont beau jeu de pointer que plusieurs poids lourds du service diplomatique européen ont déjà quitté leur poste ou envisagent une mutation. Même la secrétaire générale a baissé les bras et s’en ira en septembre. "Kaja Kallas se comporte comme une enfant gâtée en interne, alors qu’elle peine à appréhender la complexité du millefeuille bruxellois et des relations internationales", regrette un haut fonctionnaire.
"C’est un métier de folie" : Kaja Kallas, les missions impossibles de la diplomatie européenne
Après dix-huit mois en fonction, la diplomate en chef de l’UE peine à s’imposer à Bruxelles. Mais les difficultés de l’ex-Dame de fer estonienne reflètent aussi l’incapacité des Européens à concevoir une politique étrangère à l’échelle du bloc.







