Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement ANDREI PUNGOVSCHI POUR « LE MONDE » International International International Géopolitique Géopolitique Géopolitique Par Marine Leduc et Andrei Pungovschi Publié aujourd’hui à 05h30 Article réservé aux abonnés ReportageDe part et d’autre de la frontière, les mouvements unionistes ne sont pas l’apanage d’une extrême droite nationaliste et eurosceptique. De nombreux responsables pro-européens soutiennent cette idée, dans le cas où une adhésion de la Moldavie tarderait à se concrétiser. C’est un rituel : chaque fois qu’il traverse la frontière entre la Roumanie et la Moldavie, le « Prietenia » – un train dont le nom signifie « amitié » en roumain – marque une halte de plusieurs heures dans la ville d’Ungheni, du côté moldave. En cette nuit fraîche du mois d’avril, tandis que les douaniers contrôlent les papiers de voyageurs à moitié endormis, les cheminots s’activent sous les wagons pour en changer les essieux dans un vacarme métallique. L’écartement des rails s’élargit au moment de passer du standard européen au standard russe, toujours en vigueur en Moldavie, pays de l’ancienne Union soviétique situé aux marges de l’espace Schengen. Cette curiosité ferroviaire, ainsi que l’atmosphère surannée de ce train de nuit, attire de plus en plus de touristes étrangers. Tapis, vieux samovars, moquette rouge et rideaux dorés : le décor n’a quasiment pas changé depuis des décennies. Le « dernier train soviétique d’Europe » est devenu, au fil du temps, un symbole politique. Cette ligne, qui reliait à l’origine la Bulgarie à l’URSS via la Roumanie, a été baptisée « Amitié » après l’indépendance de la Moldavie, en 1991, en référence aux liens culturels, historiques et linguistiques entre ce petit pays et son voisin roumain. Plus récemment, en octobre 2025, elle a été prolongée jusqu’à Kiev, depuis que les aéroports ukrainiens ont fermé à la suite de l’invasion russe, en 2022. Ce train est si emblématique qu’il a inspiré une chanson folk punk de Zdob si Zdub, groupe moldave populaire des deux côtés de la frontière, qui a représenté le pays à l’Eurovision en 2022. Derrière la mélodie festive de Trenuletul (« le petit train »), plébiscitée par le public, les paroles revêtent une tout autre dimension : « [Le train ] avance et je ne comprends pas/Quel pays est-ce ?/Où commence-t-il ?/Vieux pays, nouveau pays/C’est comme un seul, c’est comme deux. » Un message volontairement ambigu, qui renvoie à un débat ancien et toujours sensible : celui d’une possible réunification de la Moldavie avec la Roumanie. Il vous reste 89.83% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La réunification de la Moldavie avec la Roumanie, une « voie de secours » pour les partisans de l’adhésion à l’UE
De part et d’autre de la frontière, les mouvements unionistes ne sont pas l’apanage d’une extrême droite nationaliste et eurosceptique. De nombreux responsables pro-européens soutiennent cette idée, dans le cas où une adhésion de la Moldavie tarderait à se concrétiser.
Des responsables pro-européens soutiennent la réunification Moldavie-Roumanie si l'adhésion à l'UE n'aboutit pas. Ce basculement entraînerait l'adoption immédiate du cadre réglementaire UE, simplifiant les opérations des acteurs économiques dans la région.











