Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres Romans étrangers Romans étrangers Romans étrangers Dans ce livre, paru en 1992 et aujourd’hui traduit en français, l’écrivaine américaine fait fleurir l’arbre généalogique que se construit Rose, une jeune mère californienne en fuite. Article réservé aux abonnés « La Sainte Patronne des menteuses » (The Patron Saint of Liars), d’Ann Patchett, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Hélène Frappat, Actes Sud, 480 p., 23,80 €, numérique 18 €. Ecrit en 1992, le premier roman d’Ann Patchett, pour la première fois traduit en français, après les suivants, est une fusée chatoyante avançant en spirales, redessinant sur son passage l’archéologie de la famille. La Sainte Patronne des menteuses fait éclore avec brio les thèmes à ­venir, décolore et repeint les catégories figées – normes tristes d’une morale ­rigide, d’une religion coercitive. En 1968, la jeune Rose emporte son existence dans le roulis de ses roues. Elle apprivoise son départ en faisant des cercles en voiture autour de sa ville, toujours plus loin, jusqu’à quitter pour de bon sa vie californienne – mari et mère. A Sainte-Elisabeth, un foyer d’accueil du Kentucky, sont hébergées des jeunes filles qui vivent leur grossesse en cachette avant d’abandonner leur enfant. Mais, sis sur une ancienne source, le lieu fait jaillir d’autres promesses. Une vie, pour Rose, où polir sa volonté, inventer la personne qu’elle veut être en toute liberté, s’offrir une créativité existentielle. Une autre religion d’elle-même, laïque et obstinée. Elle ne reverra pas sa mère adorée, qui fait partie d’un tout : Rose n’aura pas pu quitter son mari sans se défaire de celle qu’elle était. Coupée, la ligne de transmission se renoue autrement. L’écriture fourmillante, phosphorescente fait pousser d’autres branches en ne prenant jamais le chemin attendu. Partie de chez elle pour ne pas avoir son bébé, Rose le gardera finalement, renonçant à son renoncement, déplaçant l’objet de son abandon. Il vous reste 64.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.