Le monde du ski croyait connaître son pire ennemi: le réchauffement climatique. Mais voilà qu’un autre diable s’affiche sur la muraille, chauve, puissant et milliardaire.Ces jours, Johan Eliasch, président de la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS), en prend pour son grade. En pleine course à sa propre succession – l’élection aura lieu le 11 juin à Belgrade –, l’homme d’affaires suédo-britannique, devenu géorgien pour l’occasion (on vous racontera comment et pourquoi dans le prochain épisode), s’avance avec une cible dans le dos – et du monde disposé à appuyer sur la gâchette.«La gouvernance de la FIS est aujourd’hui fondamentalement dysfonctionnelle et dépassée, pas seulement à cause de sa complexité, mais avant tout en raison de la manière dont le président conduit les affaires», prévenait en avril un document confidentiel qui a circulé parmi les membres du Conseil et qui dresse, sur onze pages, un tableau fort inquiétant de la situation, sur fond de dictature brumeuse, de trous dans le budget et d’entorses aux obligations statutaires. Longtemps muselée, la meute s’apprêtait à sortir du bois. «Cette fois, il ne peut pas s’en sortir», veut croire une éminence des neiges, désireuse de rester anonyme. «Il a longtemps su diviser pour mieux régner. Mais maintenant, le jeu est terminé.»