Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Défense Défense Défense Chronique Patrick Artus Economiste L’économiste Patrick Artus liste, dans sa chronique au « Monde », cinq catégories de raisons qui plaident en faveur d’une bellicisation des relations internationales. Publié aujourd’hui à 16h30 Temps de Lecture 3 min. Read in English Article réservé aux abonnés Les guerres en Ukraine depuis 2022 et au Moyen-Orient en 2026, la guerre civile au Soudan, ainsi que les tensions croissantes autour de Taïwan en témoignent… Sont-elles les signes avant-coureurs d’un nouveau conflit, à l’echelle de la seconde guerre mondiale ? Ces évolutions montrent en tout cas que les relations commerciales ne constituent pas une protection contre la guerre. L’exemple de la Russie et de l’Union européenne est à cet égard éclairant : malgré des échanges économiques très importants avant 2022, l’invasion de l’Ukraine a provoqué une rupture brutale, avec une chute de 61 % des exportations européennes vers la Russie et de 89 % des importations en provenance de ce pays. Nous voyons cinq raisons principales pour lesquelles le risque de déclenchement d’une guerre est devenu élevé aujourd’hui. La première est la présence dans certains pays d’une nostalgie de la période où ils étaient des empires. C’est vrai pour la Russie, d’où les menaces sur l’Ukraine, la Moldavie, la Géorgie, les pays baltes ; pour la Chine, d’où la revendication sur Taïwan ; et de la Turquie, qui regrette l’époque de l’Empire ottoman, aux XVe et XVIe siècles. La deuxième raison tient à la double fracture, idéologique et religieuse, entre les démocraties et les autres régimes. L’hostilité s’accentue entre les démocraties occidentales (Canada, Europe, Japon, Corée du Sud) et les pays à régime autoritaire (Chine, Russie, Iran) ou à orientation progressiste, comme le Brésil. La position des Etats-Unis sous la présidence de Donald Trump est difficile à cerner. Le fonctionnement démocratique semble s’y affaiblir, avec une concentration accrue des pouvoirs à la Maison Blanche, un rôle réduit du Congrès, des pressions sur le pouvoir judiciaire et sur les universités, notamment concernant certains programmes de recherche (sur le climat ou les études de genre par exemple). Parallèlement, l’opposition entre démocraties et régimes autoritaires se renforce. Ces derniers perçoivent les premières comme affaiblies, en raison de l’instabilité politique, du recul relatif de leur poids économique et de la culture du compromis. La fracture dépasse désormais le seul clivage idéologique et prend également une dimension religieuse, entre pays où la religion structure les choix politiques (notamment certains pays musulmans et les Etats-Unis) et ceux attachés à un modèle laïque, en particulier en Europe. Il vous reste 57.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.