Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement M Campus M Campus Jeunes générations Jeunes générations Jeunes générations Alors qu’une partie de la Gen Z a généralisé le partage de position en temps réel avec ses proches, l’habitude s’est aussi glissée au cœur des relations de couple. Là où certains y voient un réflexe de sécurité ou une preuve de complicité, d’autres y trouvent un outil de surveillance redoutable pour suivre leur partenaire à la trace. Article réservé aux abonnés Sur son téléphone, la carte de Paris prend des airs de jeu vidéo. Dans l’application « Localiser » de l’iPhone, de petites bulles stagnent ou avancent en direct – chacune associée à l’un des proches de Margot (les personnes citées par un prénom ont souhaité rester anonymes), 26 ans, directrice marketing. Dans le 8ᵉ arrondissement : sa meilleure amie. Dans le 5ᵉ : sa mère. A Boulogne : une autre de ses meilleures amies. Au total, une vingtaine de personnes se baladent sur cette carte, localisables presque au mètre près. Et, « juste ici, le petit rond qui bouge, c’est mon mec », dit-elle en zoomant. Lui, c’est « ma première relation saine », décrit la vingtenaire. Quand ils se mettent ensemble en 2022, l’idée de savoir où se trouve l’autre en permanence s’installe « très naturellement », assure Margot. Une ultratransparence qui, paradoxalement, l’angoisse à certains moments. L’incertitude des débuts fait de Margot une véritable « traqueuse », dit-elle en riant, « du genre à se prendre le chou pour rien », les yeux rivés sur l’application. Mais c’est aussi le côté pratique qui séduit les deux amoureux. Son copain roule en scooter. Alors elle ouvre l’application pour se rassurer, vérifier qu’il « bouge encore sur la map » et qu’il est bien arrivé. Lui aussi consulte la carte pour savoir quand Margot part de son travail ou pour la retrouver, un moyen rapide disent-ils de se coordonner sans échanger « des dizaines de textos ». Il vous reste 80.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.