Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Emploi Emploi Emploi Conditions de travail Conditions de travail Conditions de travail Le parquet de Bobigny juge cette start-up de livraison responsable d’un accident survenu en 2022, et coupable de fausse sous-traitance. Un dossier révélateur de l’omniprésence de la sous-traitance et de ses dérives dans le secteur du transport de marchandises. Article réservé aux abonnés « C’est le modèle économique de la société Trusk qui pose problème, car il ne respecte pas les lois, lance la procureure. Il repose sur un objectif de réduction des coûts, pour payer moins de charges et échapper aux responsabilités en matière de sécurité. Il y a des différences avec Uber et Deliveroo, mais aussi beaucoup de similitudes. » Lors d’une audience qui s’est tenue vendredi 29 mai au tribunal correctionnel de Bobigny, l’entreprise de livraison Trusk et son dirigeant étaient accusés de travail dissimulé, blessures involontaires avec incapacité de travail supérieure à trois mois, et de trois autres délits prévus par le code du travail relatifs à la sécurité, après le grave accident du travail d’un salarié de l’une de ses entreprises sous-traitantes, le 20 avril 2022. Trusk est une start-up française née en 2015, rentable depuis 2023, et qui revendique aujourd’hui dix millions de livraisons effectuées. Elle assure l’activité de commissionnaire de transport et, à ce titre, organise des livraisons de marchandises lourdes pour ses clients, notamment de grandes enseignes, et les alloue à des sous-traitants, titulaires d’une capacité de transport, en fonction d’un algorithme d’optimisation des courses. Lotfi Braik était salarié de l’un d’eux, Adam Services. Lors du chargement d’une cargaison de 1,2 tonne de sacs de ragréage (un enduit à base de ciment) à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’une des palettes s’est coincée dans le camion. Faute d’un transpalette électrique – ils ne disposaient que d’un chariot Ikea – les deux salariés ont effectué une manœuvre dans une pente pour tenter de forcer l’entrée de la palette dans le véhicule. En redémarrant le camion, celui-ci est parti vers l’arrière, et a plaqué M. Braik contre un mur. Victime d’un hémopneumothorax gauche et droite, d’une hémorragie interne et de multiples fractures, il aura des séquelles à vie, notamment au niveau du souffle, et n’a pas retravaillé depuis. Il vous reste 64.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le commissionnaire de transport Trusk poursuivi pour travail dissimulé après l’accident du travail d’un sous-traitant
Le parquet de Bobigny juge cette start-up de livraison responsable d’un accident survenu en 2022, et coupable de fausse sous-traitance. Un dossier révélateur de l’omniprésence de la sous-traitance et de ses dérives dans le secteur du transport de marchandises.







