Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Arnaud HEBERT/RÉA Société Société Société Catholicisme Catholicisme Catholicisme Par Jean-Philippe Rémy Publié aujourd’hui à 05h15, modifié à 14h24 Article réservé aux abonnés ReportageRangés derrière la croix, ils étaient 20 000 à rallier la préfecture de l’Eure-et-Loir depuis Paris et sa région, le week-end de la Pentecôte. Ces pèlerins, jeunes pratiquants très à droite et très attachés à la messe en latin, sont de plus en plus nombreux. Et soutenus par la sphère Bolloré. Dans le raidillon qui grimpe au milieu des bois, l’humidité et la chaleur coupent un peu les jambes. Les visages ruissellent, les pieds dérapent dans la boue. Pleine d’allant au départ de Choisel (Yvelines), au sud de Paris, il y a une poignée d’heures, la marche des pèlerins, samedi 23 mai, ralentit le rythme. Voici venu le moment d’entamer un Je vous salue Marie, qui résonne sous la futaie. Ce ne sera pas le dernier. Dans le pèlerinage catholique « tradi » (pour traditionaliste) de Chartres, qui se tient à la Pentecôte depuis 1983, on vient en partie pour cela. L’effort, la « spi » (spiritualité), une certaine communauté, aussi, y compris d’idées et de pratiques religieuses. Il y a du grégorien et du latin pendant la messe, des confessions à la volée dans les chemins, de la dentelle liturgique et des prêtres aux soutanes noires ajustées. Et, au-dessus de tout cela, un engouement qui explose depuis la pandémie de Covid-19. A l’orée de ces trois jours, le « chapitre » (groupe constitué pour le pèlerinage et qui se retrouve d’année en année) Notre-Dame d’Orient et d’Occident sort enfin du bois et traverse des champs, encadré entre une croix (qu’il est interdit de dépasser), et une bannière tenue par Cyprien (qui n’a pas donné son nom, comme toutes les personnes citées par leur prénom), nouveau converti à sandales. Il faut serrer au milieu, hâter le pas. Il y a une vaste foule à faire marcher sur les chemins, sur plusieurs itinéraires, pour arriver en bon ordre à Chartres. Parmi la soixantaine de personnes du chapitre Orient Occident, on entonne à présent des chants et prières en arabe ou en araméen. La formation qui ouvre la « colonne » (longue file de pèlerins) est composée, pour moitié, de chrétiens d’Orient – catholiques chaldéens, syriaques ou melkites –, originaires d’Irak, de Syrie ou du Liban, notamment. Il vous reste 84.86% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au pèlerinage de Chartres, fleurs de lys, Sacré-Cœur et quête de sens pour des jeunes cathos « tradi », deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans
Rangés derrière la croix, ils étaient 20 000 à rallier la préfecture de l’Eure-et-Loir depuis Paris et sa région, le week-end de la Pentecôte. Ces pèlerins, jeunes pratiquants très à droite et très attachés à la messe en latin, sont de plus en plus nombreux. Et soutenus par la sphère Bolloré.






