Albums, expos, festivals, concerts, gaming... Toute la rédaction Culture de L'Écho s'y met chaque semaine pour vous livrer ses coups de cœur. À savourer sans modération!1. LA PIÈCE DE THÉÂTREAu théâtre Le Public, le "Journal d’un scénario" de FabcaroAprès une longue succession de refus, Boris reçoit l’appel d’un producteur qui se montre intéressé par un de ses scénarios: "Les Servitudes silencieuses", une histoire d’amour que l’auteur rêve en noir et blanc, avec Mélanie Thierry et Louis Garrel dans les rôles principaux. "On va faire un beau film" lui assure le producteur et Boris y croit enfin. Si bien qu’il s’en confie à Aurélie dès leur première rencontre. La jeune femme est cinéphile et professeure en études cinématographiques à l’université. Tout sourit à Boris. Mais l’arrivée dans le montage financier d’une chaîne de télé va renverser la situation. On oublie le noir et blanc, on remplace le couple star et on fait d’un drame psychologique une comédie de bas étage, autant de changements que Boris se gardera bien de révéler à Aurélie.Publié en 2023, "Journal d’un scénario" de Fabrice Caro raconte la lente et drôlissime descente aux enfers d’un artiste qui se noie dans les compromissions. Le romancier, auteur de BD et heureux scénariste des "Aventures d’Astérix" y décrit la réalité dramatique des auteurs de cinéma lorsqu’ils confrontent leurs idées aux exigences des télés qui ont la mainmise sur le cinéma français et qui en prennent largement pour leur grade.Avec Laurent Capelluto et Erika Sainte, dans une mise en scène de Michaël Bier. ©Theatre le PublicUne approche très visuelleC’est Michaël Bier qui en signe l’adaptation et la mise en scène, et ce n’est pas un hasard: cet homme bosse dans le cinéma. Son travail réserve donc un rôle non négligeable au visuel. Si l’utilisation de la vidéo pose parfois question dans certains spectacles, sa place dans ce "Journal d’un scénario" est totalement justifiée. Et pertinente.Quand on a ri tout seul en lisant "Journal d’un scénario" de Fabrice Caro, on est en droit d’avoir des appréhensions en allant voir son adaptation théâtrale. Celles-ci s’envolent à la seconde où la pièce commence. On trouve même que rire dans une grande salle avec des gens autour de soi est plus libérateur! Les deux comédiens y sont pour beaucoup: sur scène et sur film, Erika Sainte et Laurent Capelluto sont parfaits. (Eric Russon)Fabrice Caro - Journal d'un scénario2. L'EXPOSITIONAnto Carte et Gustave van de Woestyne, côte à côte au Musée Van BuurenLa nouvelle exposition "Territoires intérieurs" du Musée Van Buuren, à Uccle, vaut à elle seule le détour. En rapprochant le Montois Anto Carte et Gustave van de Woestyne, notamment, elle révèle avec une évidence saisissante les passerelles longtemps sous-estimées entre l’expressionnisme wallon et flamand. Paysages, figures paysannes, maternités ou scènes spirituelles dialoguent autour d’une même quête d’intériorité et d’un même rapport à la terre.Mais la vraie magie commence en franchissant le seuil de la maison elle-même. Ce chef-d’œuvre Art déco aux accents des avant-gardes hollandaises, demeuré intact depuis 1928, offre l’une des expériences muséales les plus envoûtantes. Ses jardins, parmi les plus remarquables de Belgique, prolongent naturellement les thèmes de l’exposition. Comment ne pas avoir envie de se perdre dans le célèbre labyrinthe imaginé par René Pechère, où chaque détour dissimule une sculpture, une perspective, un secret? (Xavier Flament)L'écrin Art déco du Musée Van Buuren, Avenue Léo Errera, à Uccle. ©© Visit Brussels - Jean-Paul Remy3. LE FESTIVALAvec Yallah Zouz!, la fraternité l'emporte à la TricoterieÀ Bruxelles, la Tricoterie n’est pas seulement un lieu culturel. C’est une tentative concrète de faire cohabiter des publics, des récits et des sensibilités qui ne se croisent plus. Son festival Yallah Zouz!, ce samedi 30 mai, en est l’illustration. Durant une journée et une nuit, concerts, films, débats, ateliers, gastronomie et rencontres célèbrent un héritage judéo-arabe-amazigh (berbère) souvent réduit aux guerres actuelles.Ici, il est question de mémoires partagées, de langues qui dialoguent, de traditions qui se répondent. Dans un contexte où les identités sont souvent sommées de choisir leur camp, le festival oppose des appartenances multiples, complexes et fécondes. On y vient pour écouter Rokia Bamba ou Turkish Kebap, découvrir les travaux de Paul Dahan, rencontrer l’historienne Esther Benbassa, mais surtout pour faire la fête, échanger, partager et jeter des ponts sans même y penser. Plus que nécessaire! (Xavier Flament)> Ce samedi 30/05/26, dès 11h du matin: www.tricoterie.beROKIA BAMBA // HORST Festival 20254. L'ALTERNATIVEEl Dorado 26, l'underground à BrugesBruges n’est pas seulement la ville des Primitifs flamands et des canaux. À deux pas de la gare, El Dorado 26 révèle une scène underground où les frontières se brouillent entre arts platiques, design, concert, performance, fête et lieu de rencontre. Durant deux week-ends, une quarantaine d’artistes belges investissent l’espace du Club Woester. On y croise aussi bien Lionel Jadot que Sophie Whettnall ou Sammy Slabbinck, au milieu de performances, DJ-sets et propositions culinaires…El Dorado donne à voir l’émergence d’une nouvelle génération de lieux culturels hybrides, loin des circuits institutionnels, mais au cœur des transformations de la création contemporaine flamande. (Xavier Flament)> El Dorado 26: 30-31/05 & 5-7/06, Stationsweg 28, Bruges. Infos sur les réseaux sociaux.Sculpture de Sharon Van Overmeiren pour El Dorado 26, à Bruges. ©Sharon Van Overmeiren5. LE JEU007 aux manettes avec "007 First Light"L’agent le moins secret de l’histoire revient pour une nouvelle aventure. Cette fois, pas sur grand écran, mais bien sur consoles et ordinateurs. Dans "007 First Light", on incarne un James Bond même pas trentenaire, alors qu’il n’est pas encore l’agent 007. On vit donc les premiers pas de ce gamin impétueux et impertinent dans le programme de recrutement des services secrets de Sa Majesté. Tous les ingrédients sont réunis: gadgets électroniques à foison, destinations dépaysantes, action effrénée. Sans oublier des phases d’infiltration brillantes durant lesquelles on espionne les conversations des nombreux anonymes pour trouver des moyens de parvenir à ses objectifs. Un cocktail (au shaker, pas à la cuiller) franchement réussi. (Thomas Casavecchia)> "007 First Light", par IO Interactive, disponible sur PS5, Xbox Séries et PC,… 70 euros.007 First Light – Rules of Spycraft
Fabcaro, Van Buuren, la Tricoterie, Bruges, 007 First Light: nos 5 coups de cœur culturels du week-end
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