Etrange printemps, qui, avec ses airs d’été suffocant prend une grande partie de l’Europe au dépourvu. Une canicule en mai est un événement climatique sans précédent sous nos latitudes, tant par sa précocité que par son intensité. Les records de chaleur sont battus avec une amplitude inquiétante, de quatre à cinq degrés au-dessus des normales saisonnières. Aussi inattendue qu’elle soit pour la population, cette brusque montée des températures est pourtant le signal prévisible d’une trajectoire climatique que la science documente depuis des décennies.
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Notre impréparation à ce type d’épisodes devient de plus en plus criante. L’exemple de l’adaptation des logements est proverbial. Depuis des années, les politiques publiques oscillent entre l’édiction de normes ambitieuses et leur assouplissement quelques mois plus tard, au gré des pressions électorales ou des lobbys immobiliers. Les dispositifs d’aide sont régulièrement rognés. Cette instabilité crée une paralysie de terrain qui empêche les filières industrielles de s’organiser et désoriente les ménages les plus modestes, précisément ceux qui souffriront le plus des pics de chaleur à venir. L’adaptation des établissements scolaires constitue un autre point noir. Au rythme actuel, il faudrait plusieurs décennies pour rénover la totalité du parc.
















