Équilibrer le triangle de la santéFaire parler les muscles pour identifier les blocages du passé. Depuis 2023, la kinésiologue Claire Ferré reçoit dans son cabinet de Camaret-sur-Mer, dans le Finistère, adultes, enfants et familles du département, de l’Ile-et-Vilaine, du Morbihan et de toute la Bretagne. Des consultants venus pour des troubles du sommeil, des douleurs persistantes, la gestion d’un deuil ou des difficultés relationnelles, que la kinésiologie aide à retrouver un quotidien apaisé. Elle accueille aussi beaucoup de parents d’enfants atypiques (HPI, TDA, TSA, TDL …) confrontés à des difficultés ou des troubles de l’apprentissage dans le cadre scolaire. En interrogeant le corps sur les traumatismes du passé à l’origine du stress, les séances ont pour objectif d’équilibrer le triangle de la santé : corps, esprit et émotions. Au départ, Claire Ferré ne se destinait pas vraiment à la kinésiologie. Titulaire d’une formation de niveau Bac + 5 en statistiques, elle débute sa carrière en actuariat chez un assureur, avant de devenir chef de projet informatique dans une banque. Peu après la naissance de ses enfants, cette « cartésienne », comme elle se définit elle-même, consulte un kinésiologue. Pour elle, c’est une révélation. « J’ai voulu comprendre comment, en touchant simplement un muscle, on pouvait à ce point aider les gens », se souvient la praticienne. Elle commence, dans une école de kinésiologie, une formation en présentiel. Toujours en veille sur les nouvelles données scientifiques liées aux neurosciences, à la psychologie et à l’impact de l’alimentation sur les émotions, Claire Ferré totalise à ce jour plus de 1000 heures de cours. Son approche se veut très pragmatique : « la kinésiologie ne remplace pas la médecine. Elle en est complémentaire ». « Il peut y avoir des années de décalage entre le conscient et l’inconscient. »Concrètement, comment se déroule une séance de kinésiologie ? Après l’accueil du consultant, la praticienne lui pose des questions médicales, notamment pour s’assurer, dans le cas d’une pathologie, qu’un traitement est bien suivi. La personne exprime la difficulté rencontrée puis prend place, habillée, sur une table de massage, pour le « test musculaire », également qualifié de un « bio feedback ». Claire Ferré explique : « le bras se maintient tant que le sujet de la conversation ne génère pas de stress pour le corps. Dès que ce n’est plus le cas, il ne tient plus. Cela fonctionne avec n’importe quel muscle. Comme il peut y avoir des années un décalage entre le conscient et l’inconscient, on demande ainsi au corps à quelle période ce fonctionnement a créé un stress chez la personne ». Ce dernier peut-être court mais très intense, ou moins intense mais tellement répété qu’il crée, de la même manière, un traumatisme. Une fois l’origine du problème identifiée, il existe de multiples techniques permettant de travailler sur l’interconnexion structurel, psycho émotionnel, biochimique et énergétique de l’organisme. Elles sont utilisées pour faire baisser le niveau d’anxiété associé aux événements. Et ainsi permettre au consultant de retrouver une certaine sérénité. Pour les atypiques, des difficultés à se conformer aux normes socialesDepuis l’ouverture de son cabinet, Claire Ferré a donc accompagné de nombreuses familles avec des personnes atypiques, en particulier des enfants. « Elles rencontrent des difficultés, en particulier à l’école où il est mieux perçu de rentrer dans des cases, car elles ne parviennent pas à se conformer aux normes sociales. Résultat : les parents sont souvent incriminés alors qu’il ne s’agit pas d’un défaut d’éducation. Chez ces personnes, les connexions neuronales sont différentes. Il faut mettre en place des stratégies pour avancer d’une autre manière », souligne la praticienne. Qui connait bien, pour y avoir elle-même été confrontée, les problématiques de ces parents : « Nous parlons la même langue et je les crois. Il n’y a aucun jugement ». Mais les cas de figure varient autant que les consultants. La kinésiologie cite le cas d’un élève de petite section de maternelle à qui la maîtresse reprochait son agressivité. « Je me suis aperçue qu’il était stressé par quelque chose lié à la vision. J’ai orienté ses parents vers un ophtalmologue, qui a diagnostiqué un déficit de vue. Comme il ne voyait pas les autres arriver dans son champ de vision, il se sentait en danger en permanence ». Ou d’un autre enfant qui ne parlait pas, pour qui les séances ont révélé que la parole était, dans la mémoire familiale, en particulier en temps de guerre, considérée comme un danger. Un blocage bien antérieur à sa naissance, mais jusque-là non résolu. Une consultante qui enchaînait les arrêts maladie a, quant à elle, pu concrétiser le projet d’entreprise qu’elle avait en tête depuis plusieurs années, en identifiant un blocage en lien à la sécurité financière. Une autre atteinte d’endométriose où un travail a permis d’atténuer les symptômes. Il est également possible de travailler sur les projets de grossesse quand elle tarde à venir afin de lever d’éventuels blocages psychologiques en cause.Les séances en famille permettent par ailleurs de travailler sur la notion de systémie, qui interroge les interactions globales et les attentes de chacun. Elles peuvent porter sur une situation vécue présentée comme un « conflit » ou un « problème de communication » entre un parent et son adolescent. « Souvent, on se rend compte que les besoins de l’un et de l’autre ne sont pas respectés. La kinésiologie a pour but d’apaiser tout le monde ». Pour, encore une fois, retrouver le chemin de la sérénité et de l’harmonie, avec soi-même et avec les autres.