À son intronisation comme président des États-Unis en 1961, John F. Kennedy demanda à son prédécesseur, Dwight D. Eisenhower, ancien commandant en chef du débarquement de juin 1944, comment s’expliquait le succès de cette magistrale opération militaire. L’ancien général répondit tout bonnement que les Alliés avaient « de meilleurs météorologues que les Allemands ».Ce n’était pas vraiment une boutade. Les conditions météo constituèrent effectivement un facteur important de la réussite de l’invasion amphibie et aéroportée la plus importante de l’histoire. L’opération Neptune (nom officiel de la première phase de la bataille de Normandie, elle-même baptisée Overlord) avait initialement été prévue le 5 juin, date arrêtée d’après les prévisions de temps orageux des services météorologiques, puis avait été reportée au lendemain après l’identification d’une accalmie. Le 6 juin est devenu « le jour le plus long », selon une formule célèbre du Generalfeldmarshall allemand Erwin Rommel, responsable du mur de l’Atlantique construit pour repousser l’« invasion ».C’est donc cette réussite d’une poignée de scientifiques travaillant dans leurs bureaux à partir de données récoltées à des centaines de milles marins que raconte le film Pressure (Pression). On y suit James Martin Stagg (1900-1975), docteur en géophysique, group captain (équivalent du grade de colonel) de l’aviation britannique. Dès la première scène, début juin, le savant (joué par Andrew Scott) quitte sa femme enceinte pour rejoindre le château abritant le quartier général d’Eisenhower (Brendan Fraser).
«Pressure»: sous pression atmosphérique
Le docudrame rappelle que la Deuxième Guerre mondiale a fait de la météorologie un pilier stratégique majeur.











