Publié le 28/05/2026 16:50

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Direction le Var, à la découverte du village de Correns. Réputé notamment pour ses vignobles avec une trentaine de viticulteurs, il a misé il y a plusieurs années sur le 100% bio, et s'est autoproclamé premier village bio de France.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité. À Correns (Var), peut-être encore plus qu'ailleurs, la nature tient une place de choix. Ce petit coin du Var est le tout premier village bio de France. La promesses est tenue sur les étals, avec du miel, des œufs, du fromage ou encore de l'huile d'olive. Pour les exceptions, il faut bien chercher. "Les boucles d'oreille, peut-être ? La céramique ?", plaisante une passante. Depuis bientôt 30 ans, cette conversion ravit les habitants et les producteurs. "La demande y est, parce que les gens sont de plus en plus en recherche de produits bio, locaux, de qualité", avance l'une deux. En matière de rapport qualité-prix, les habitués du marché y trouvent leur compte. "Je pense que c'est le prix à mettre pour ces bons produits, et ce n'est pas si excessif que ça, comparé à des produits qu'on trouve en grande surface, qui ont bien augmenté aussi actuellement", argue une cliente. Philosophie contagieuse, le bio sort même du cadre de l'agriculture. Il a gagné le salon de coiffure et ses colorations naturelles, comme les plats aux repas de l'école. "On est une cantine trois carottes, c'est le niveau le plus élevé pour une cantine. Elle est bio et locale. Notre cuistot est très fort, donc c'est extrêmement bon", se réjouit Joseph, 10 ans. Les pionniers de la conversion sont les viticulteurs. À la fin des années 90, le marché du vin s'essouffle. Pour relancer la filière, ils font un pari fou : miser sur le bio. Parmi eux, le père de Fabien Mistre. Sur le domaine familial, il produit aujourd'hui du rosé. Et pour protéger ses 35 hectares de vigne, plus question d'asperger des substances chimiques. Le désherbage se fait en partie à la main, un travail devenu plus pénible. "On passe et ça, on va le piocher, on va le lever", montre Fabien Mistre, viticulteur bio et président des Vignerons de Correns. Le seul moment où ses convictions vacillent ? En 2018, des intempéries et des maladies ont anéanti 30% de sa récolte. "Ce n'est pas pour ça qu'on s'est arrêtés. On s'est dit, on ne le fait pas pour avoir une rémunération un peu plus élevée parce qu'on est en bio. On le fait pour respecter notre sol, notre vignoble et notre environnement", assure-t-il. Les retombées ont été positives : depuis le passage au bio, la population de Correns a presque doublé et rajeuni. Parmi les 950 habitants aujourd'hui, des familles venues de loin pour profiter de ce cadre de vie, et surtout des enfants du pays qui décident d'y rester. À 26 ans, Mathilde Sisteron, fromagère et éleveuse, entend bien assurer la relève. Elle travaille à l'obtention du précieux label. "Même si je n'arrive pas forcément pour le moment à atteindre le bio, c'est important d'être dans la démarche. Ça va dans le sens du village, puis par rapport à tous les enjeux agricoles", confie-t-elle. Cet engagement à toute épreuve a permis la réapparition d'espèces menacées dans la région. À Correns, la biodiversité est cinq fois plus riche que dans les communes voisines.