Rafael Payare met cette semaine un point final à la saison régulière 2025-26 de l’OSM, avec un programme présentant le Concerto pour piano de Schumann et le Ring sans paroles, synthèse symphonique, concoctée par Lorin Maazel à partir de la tétralogie de Richard Wagner. L’impressionnant concert amène toutefois à soulever publiquement un problème récurrent qui demande à s’améliorer et a atteint cette semaine son point limite.Solide programme pour clore la saison et concert marqué par le départ à la retraite de deux musiciens après plus de quarante ans de bons et loyaux services : Monique Poitras, du pupitre des seconds violons, et le cor anglais Pierre-Vincent Plante. Jouant souvent à découvert, ce dernier est l’une des figures les plus identifiables forgeant l’identité sonore de l’OSM. Son remplacement sera redoutablement difficile : il a un alter ego, de même niveau, au Philharmonique de Berlin, comme on a pu une nouvelle fois l’entendre sur le « Digital Concert Hall » berlinois dans la 3e Symphonie de Mahler dirigée par Yannick Nézet-Séguin la semaine dernière, mais gageons que ce musicien d’exception est impossible à débaucher ! Pour son dernier concert, Pierre-Vincent Plante a eu un très beau moment dans la « Mort de Siegfried ».Pianiste d’airainComme l’a annoncé la directrice générale Mélanie La Couture, dans un discours liminaire à nouveau impeccable, sans mots superflus, Yefim Bronfman a, lui aussi, une longue histoire avec l’OSM, puisqu’il a donné ici, avec Zubin Mehta, son premier concert en Amérique du Nord, en 1975, à l’âge de 16 ans. Il en était à sa 45e prestation à Montréal, apparemment.Nous avons entendu « le » Yefim Bronfman dans le rappel, l’Étude Paganini n° 2 de Liszt, se jouant avec délectation de toutes les sorcelleries d’écriture. On le sait depuis longtemps : Bronfman est un pianiste d’airain, un colosse auquel rien ne résiste. Il était judicieux de le programmer, la dernière fois dans le 2e Concerto de Béla Bartók.Aux antipodes des univers de Bartók, Prokofiev, Liszt ou Rachmaninov, dans lesquels Bronfman excelle (on le connaît également brillant beethovénien), il y a Schumann, dont l’inspiration délicate alterne entre tendresse et élans. Il y a chez Schumann une fraîcheur, une fragilité, une spontanéité, un émerveillement, un enthousiasme que l’on a entendu ici chez Martin Helmchen ou Hélène Grimaud.
Wagner, l’exaltation et l’éléphant
Le concert de clôture de l’OSM a montré un Rafael Payare bruyamment emporté par son élan.










