Publié le 28 mai 2026 à 07:30.

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Quand l’incertitude géopolitique redevient un risque de marché

Le conflit autour du détroit d’Ormuz rappelle une réalité souvent oubliée lorsque les marchés montent: la géopolitique n’est jamais totalement étrangère à la gestion de portefeuilles. Le détroit, qui concentre une part importante des flux énergétiques mondiaux, et sa fermeture ou sa perturbation prolongée impactent fortement les prix du pétrole, l’anticipation d’inflation, les taux d’intérêt et l’appétit pour le risque. Selon Reuters, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a même récemment averti que les stocks commerciaux de pétrole se réduisaient rapidement dans le contexte de la guerre avec l’Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz. Depuis le début des tensions, le Brent a connu de fortes variations, les rendements obligataires se sont tendus et plusieurs marchés actions ont corrigé, notamment début mars, lorsque les investisseurs ont commencé à intégrer le risque d’un choc énergétique qui pourrait durer.Il ne faut toutefois pas confondre cette réaction initiale avec une tendance de fond. A date, certains marchés, notamment américain, japonais ou chinois, évoluent même à des niveaux supérieurs à ceux observés avant l’escalade avec l’Iran, ce qui apporte un éclairage clé aux investisseurs privés: un choc géopolitique peut provoquer une correction rapide, mais il ne remet pas nécessairement en cause l’ensemble d’une stratégie patrimoniale construite sur le long terme. L’enjeu n’est donc pas de réagir à chaque mouvement de marché, mais d’évaluer ce que ces tensions changent réellement pour l’allocation, la liquidité, le risque global et les objectifs patrimoniaux du client.Mais l’enjeu, pour un investisseur privé, n’est pas de commenter et réagir à chaque mouvement de marché. Après plusieurs semaines de conflit, la tentation est grande de laisser l’émotion dicter chaque décision: réduire brutalement le risque, renforcer un actif refuge au plus mauvais moment, ou au contraire chercher à profiter de chaque rebond tactique. «Dans ces phases, le rôle d’un banquier privé n’est pas d’ajouter de l’agitation à l’incertitude, mais d’aider le client à distinguer le bruit du signal pertinent», estime Philippe Gay. La volatilité est certes inconfortable, mais elle ne doit pas devenir le principal moteur de décision non plus.