Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Hantavirus Hantavirus Hantavirus Dans un entretien au « Monde », le président de la Société savante française de psychotraumatologie, Wissam El-Hage, revient sur la fébrilité liée au hantavirus, déplorant qu’« aucune leçon ne semble avoir été tirée » après le Covid-19. Article réservé aux abonnés Professeur de psychiatrie adulte au CHU de Tours, Wissam El-Hage est à la tête du centre régional du psychotraumatisme de la région Centre-Val de Loire. Il préside depuis juillet 2025 la Société savante française de psychotraumatologie. Dans un entretien au Monde, il insiste sur la nécessité de prêter attention à « l’accumulation actuelle des facteurs de stress ». L’épisode Hantavirus a montré la fébrilité de notre société. Après coup, comment analysez-vous cet épisode ? Nous connaissons chacun dans nos vies des impressions de répétition, de déjà-vécu. La pandémie de Covid-19 peut s’apparenter à un effet d’amorçage, comme si notre corps avait rencontré un allergène. La première fois, il réagit très peu, la deuxième fois, un peu plus, et ainsi de suite. Cette sensibilisation s’applique également à la peur. Celle-ci peut créer de la démesure et nous empêcher de raisonner correctement. Quand on l’écoute, on raisonne moins et, par conséquent, on augmente le danger. Au début de l’épisode hantavirus, une collègue médecin libérale n’a pas pu acheter des masques pour son équipe pour cause de rupture de stock. Considérez-vous que le Covid-19 a été un traumatisme collectif mondial ? Il faut arrêter de dire que la pandémie a été un traumatisme « pour tous ». Tout dépend d’où l’on parle et de ce que l’on a vécu. Les véritables traumatisés du Covid-19 sont les « soldats » de la première ligne : le personnel hospitalier, qui a payé le prix fort en matière de morbidité et de mortalité. Certains soignants ont quitté leur métier à ce moment-là, et ne sont jamais revenus. Nous avons publié une première étude montrant que 17,7 % des soignants ont souffert de troubles de stress post-traumatique. Il a été estimé dans une autre que 44,8 % d’entre eux ont subi, pendant cette période, une stigmatisation professionnelle. Toutes ces personnes sont de vrais traumatisés du Covid. D’ailleurs, l’état d’épuisement structurel des hôpitaux, présent avant la pandémie, n’a toujours pas été réglé, la barre n’est vraiment pas redressée. Il vous reste 48.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.