Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Neurosciences Neurosciences Neurosciences Dans un entretien au « Monde », Marieke Longcamp, spécialiste en neurosciences cognitives, rappelle que l’écriture à la main favorise la mémorisation et l’apprentissage et craint que ces compétences puissent s’amenuiser avec l’intelligence artificielle. Article réservé aux abonnés Professeure de neurosciences cognitives, Marieke Longcamp travaille sur les mécanismes cérébraux de l’écriture manuscrite au sein du Centre de recherche en psychologie et neurosciences (CNRS et université Aix‑Marseille). Vous menez depuis vingt ans des recherches sur l’écriture manuscrite et le cerveau. Quel est votre constat sur les processus du mouvement de la main ? L’écriture est l’un des mouvements les plus complexes à réaliser. Ecrire ne requiert qu’une seule main, il faut donc apprendre à désynchroniser la gauche de la droite. Former des trajectoires de quelques millimètres implique de constants changements de direction, le tout à bonne vitesse. Coordonner les doigts et le poignet en particulier pour tracer les lettres, mais aussi un peu le coude pour suivre la ligne, demande une vraie dextérité. La manière dont les articulations bougent ensemble constitue une sorte de danse assez fantastique, difficile à capturer. Que se passe-t-il dans notre cerveau quand on pratique l’écriture cursive ? Transformer une idée en langage manuscrit requiert un ensemble complexe d’événements dans notre boîte crânienne. Chaque entité cérébrale joue une partition précise. Le cortex préfrontal est plutôt impliqué dans les aspects cognitifs de haut niveau comme la planification des actions. Cela commence par une étape de conceptualisation du message. L’étape de formulation permet ensuite à la pensée de formaliser orthographe et syntaxe. Les régions de l’ordre du langage se situent plutôt dans la partie gauche du cerveau, et certaines sont spécialisées dans la représentation de l’orthographe des mots. Enfin, les régions des réseaux moteurs transforment nos idées en gestes de la main, et coordonnent finement ces derniers. Il vous reste 66.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.