Résidence et atelier de l’artiste durant vingt ans, elle sera présentée aux enchères ce 27 mars, par Drouot Propriétés.Les grilles de son portail ouvrent sur un écrin préservé, comme tenu à l’écart de la marche du temps. Puis dévoilent le charme singulier des lieux qui l’ont traversé sans perdre leur âme. À Montgeron, dans l’Essonne, à vingt kilomètres de Paris, cette propriété classée du XVII et XVIIIe siècles réunit tout du caractère affirmé et de l’élégance discrète des grandes et vieilles demeures.Par sa façade néoclassique, d’abord. Qui arbore impostes ornées de bas-reliefs et portes-fenêtres encadrées de colonnes doriques dans le pur style Directoire. Par son vaste parc à l’anglaise, ensuite. Peuplé d’arbres séculaires, d’une grotte Rocaille, d’une terrasse à sphinges, d’un bassin et d’éléments ornementaux – statues, vases – il témoigne du soin raffiné apporté aux propriétés de l’époque.Par ses dépendances, sa maison attenante Régence et ses deux pavillons Henri IV, enfin. « Cette demeure, où se mêlent plusieurs époques et courants architecturaux, tire, avant tout, sa valeur de son histoire et de son intérêt patrimonial », souligne ainsi Maëlys de Lummen, présidente de Drouot Propriétés, pôle immobilier de l’emblématique hôtel de vente, qui en assurera la cession.Des décors d’origine et une atmosphère particulièreL’intérieur, maintenu dans son décor d’origine, prolonge d’ailleurs cette belle promesse. Organisé autour d’un large vestibule et d’un escalier monumental desservant trois niveaux, il offre encore, intacts, ses éléments décoratifs de l’époque : boiseries, moulures, cheminées, décors peints, escalier de pierre à cabochons, rampe de fer forgé, sol en faïence d’inspiration italienne…Subsiste même un long « passe-tableau », vestige d’un ancien propriétaire des lieux : le peintre Carolus-Duran (1837-1917), portraitiste mondain parmi les plus appréciés de la haute société de la Troisième République, qui en fit sa demeure et atelier durant vingt ans. Et dont il immortalisa, autour de 1877, les extérieurs dans un tableau : « Montgeron, coin de la maison ».« Cette maison dégage une atmosphère particulière, elle a une âme », observe à ce titre Maëlys de Lummen. « On imagine parfaitement Carolus-Duran recevoir ses amis peintres impressionnistes et installer, avec eux, des chevalets. Comme on imagine leurs festivités sur la terrasse ou dans les grandes pièces de réception donnant vue sur le parc, avec amis, enfants et domestiques… »Les propriétaires actuels – une même famille depuis 1910 – avaient, eux, pris le parti de distribuer la demeure en trois appartements, et d’en partager les espaces communs. Sa surface habitable – 740 mètres carrés – offre, de fait, un large éventail de configurations. Sa mise à prix, 2,5 millions d’euros, ouvrira les enchères, sur le site drouot.immo, le 27 mars prochain.
Et si vous deveniez propriétaire de la demeure du peintre Carolus-Duran ?
Résidence et atelier de l’artiste durant vingt ans, elle sera présentée aux enchères ce 27 mars, par Drouot Propriétés.






