Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Un mot dans l’air Un mot dans l’air Un mot dans l’air La Suède promeut une nouvelle figure masculine : le père tendre et attentif, qui boit des matchas en terrasse, à côté d’une poussette. Signe annonciateur d’un véritable changement ou réinvention du « nouveau père » ? Leurs exploits parentaux ne sont toujours pas attestés par les statistiques. Article réservé aux abonnés Un mot dans l’air. « Aux confins des terres de Scandinavie, une nouvelle espèce est apparue. Cette fascinante créature ne sort que le jour : c’est l’homo paternus baristacus, plus communément connu sous le nom de “Latte Dad”. Tandis que son ou sa partenaire est au travail, cet animal particulièrement social prend soin des plus jeunes, et évolue le plus souvent au sein d’un troupeau composé de ses semblables. » C’est ainsi que le compte TikTok de la marque d’accessoires pour bébés BabyBjörn définit le Latte Dad, dont l’équivalent en français pourrait être « papa matcha ». Reconnaissable à son allure de hipster – bonnet vissé sur la tête, gobelet dans une main, poussette dernier cri dans l’autre –, ce père d’un nouveau genre serait apparu en Suède, ce qui n’a rien d’un hasard. En effet, chaque couple y dispose d’un congé parental de quatre cent quatre-vingts jours, rémunéré à au moins 80 % du salaire habituel [en France, le congé paternité est de vingt-huit jours]. S’y ajoute la possibilité, depuis 2024, de transférer quatre-vingt-dix d’entre eux à la personne de leur choix. De surcroît, la présence d’infrastructures facilite les premiers pas de la vie de jeune parent, à l’instar des öppna förskola, des écoles maternelles ouvertes et publiques. « Cet archétype, souvent pris pour une réalité sociologique, est généralement loué par la presse étrangère, qui présente les pays nordiques comme des modèles à suivre afin de promouvoir une plus grande égalité dans la parentalité », explique Laura Verquere, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Lille et autrice, avec Mélanie Gourarier, d’En finir avec l’homme nouveau. Critique des masculinités modernes (La Déferlante, 160 pages, 19 euros). En effet, ce grand gaillard à la barbe savamment entretenue et au look de barman sympa plutôt que de père de famille rangé sert souvent de point de départ à un débat sur les congés dont disposent les jeunes parents. C’est notamment le cas aux Etats-Unis, seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques à ne pas disposer d’un système de congé parental rémunéré. Il vous reste 62.06% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.