Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Cambodge Cambodge Cambodge Cette concession intervient alors que le régime de Hun Sen et de son fils fait face à de sérieux défis économiques et cherche à redorer son blason à l’étranger en faisant la chasse aux centres de cyberfraude. Article réservé aux abonnés Après huit ans de prison et d’assignation à résidence, l’ancien leader d’opposition cambodgien, Kem Sokha, a reçu, le 25 mai, un pardon royal, mettant fin à une condamnation de vingt-sept ans pour trahison. La grâce a été décrétée par Hun Sen, qui, en tant que président du Sénat, assure les fonctions de chef de l’Etat par intérim en l’absence du roi, Norodom Sihamoni, actuellement en Chine pour des soins médicaux. Le premier ministre, Hun Manet, fils de Hun Sen – à qui il a succédé à ce poste en 2023 –, a salué cette mesure, la qualifiant de geste visant à « renforcer l’unité nationale ». Personne n’est dupe : Hun Sen avait fait jeter en prison son principal rival en 2017. C’est lui qui décide aujourd’hui de le libérer. L’arrestation de Kem Sokha avait marqué un paroxysme dans l’instrumentalisation de la justice par l’homme fort du Cambodge. Alors leader du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), la principale force d’opposition, Kem Sokha représentait une menace réelle pour le Parti du Peuple Cambodgien (PPC) de Hun Sen à l’approche des législatives de 2018. Ce dernier avait saisi le prétexte d’une vidéo dans laquelle Kem Sokha évoquait des conseils politiques reçus de groupes prodémocratie américains pour crier à la trahison : Kem Sokha préparait une « révolution de couleur », avait tempêté Hun Sen, une référence directe aux soulèvements populaires qui, au début des années 2000, avaient balayé plusieurs régimes autoritaires dans l’ex-bloc soviétique avec le soutien présumé de l’Occident. L’opposant avait été prestement arrêté, son parti opportunément dissout, et le PPC avait emporté pas moins que la totalité des sièges aux élections de 2018. Il vous reste 72.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.