Recourir à un référendum sur l’indépendance de l’Alberta dans l’espoir d’obtenir des concessions du fédéral constituerait « un bluff très dangereux », a averti lundi matin le premier ministre canadien, Mark Carney.« Dans les questions de séparation, on avance souvent l’argument : “Votez pour ceci, c’est une option sans risque”, ou encore : “Votez pour cela et nous renforcerons notre position dans une future négociation.” C’est un bluff très dangereux », a-t-il lâché lors d’un point de presse à Ottawa.Les Albertains seront officiellement appelés à se prononcer en octobre sur le déclenchement d’un référendum contraignant portant sur la sécession du Canada.Si certains défendent l’indépendance, d’autres appuient plutôt la démarche comme une stratégie de pression sur Ottawa visant à obtenir des concessions sur des revendications de longue date, liées au sentiment d’aliénation de l’Ouest.Le chef du gouvernement a estimé qu’il fallait être « très prudents à ce sujet », affirmant parler « d’expérience » après ses années comme gouverneur de la Banque d’Angleterre durant les années du Brexit. « Dix ans plus tard, ils essaient encore de défaire des conséquences pour lesquelles les gens ne pensaient pas voter, mais qu’ils ont fini par obtenir malgré eux », a-t-il soutenu.Le premier ministre a soutenu qu’il œuvre déjà à la promotion de l’unité canadienne au moyen d’« accords » conclus avec l’Alberta, qu’il inscrit dans sa vision du fédéralisme coopératif. Il a récemment annoncé une entente prévoyant l’ajout d’un projet de pipeline vers la côte Ouest à titre de projet d’intérêt national, afin d’en accélérer la réalisation et de l’exempter de plusieurs normes environnementales.