Des centaines de prisonniers ont pris le contrôle dimanche d’une prison de Barinas, dans l’ouest du Venezuela, dénonçant des « tortures » et demandant la destitution du directeur de l’établissement.Les problèmes dans les prisons vénézuéliennes sont récurrents. Les ONG dénoncent régulièrement une surpopulation carcérale ainsi que des violations des droits de l’homme. Elles dénoncent également des retards de procédure avec des prisonniers incarcérés pendant des mois sans être jugés ou des retards de libération.Les détenus se sont rassemblés sur le toit de la prison et ont accroché des banderoles. On pouvait lire sur certaines « SOS », « On nous torture ». « Plus de torture, plus de torture », scandaient les détenus à l’unisson.Vidéo« Nous allons bien, nous sommes des combattants », dit Nicolás Maduro depuis sa prison aux États-UnisPlusieurs avaient le visage couvert. De grandes colonnes de fumée s’élevaient de l’Internat judiciaire de Barinas (Injuba), le fief de l’ex-président Hugo Chávez (1999-2013), à quelque 500 km de Caracas. Les détenus ont incendié des matelas ou encore des draps. Des policiers équipés de boucliers ont pris position autour de l’établissement alors que des dizaines de proches de détenus se sont regroupés, inquiets de la situation.Yelitza Arrollo, sans nouvelles de son fils depuis le 8 mai, affirme à l’AFP que les gardiens « l’ont enfermé, battu » et que les prisonniers « souffrent, parce qu’ils les frappent d’une manière vraiment horrible, ils sont torturés, on leur jette de l’eau froide, on leur administre des décharges électriques, on leur met le feu, on les maltraite énormément, nous voulons la destitution du directeur ».Réforme promise par la présidente RodriguezDes familles ont assuré que plusieurs prisonniers étaient blessés. Les autorités n’avaient pas réagi officiellement dans l’immédiat. L’ONG Observatorio Venezolano de Prisiones (OVP) a écrit dans un texte sur les réseaux sociaux que « 1 200 hommes et plus de 100 femmes privées de liberté à l’Internat judiciaire de Barinas (Injuba) se sont déclarés en grève ».« Le ministère des Services pénitentiaires ignore les détenus, qui dénoncent les mauvais traitements depuis plus d’une semaine : on ne les écoute pas, au contraire, on leur tire dessus et on leur envoie des gaz », ajoute OVP.En avril, le gouvernement a confirmé la mort de cinq personnes lors d’une mutinerie dans la prison de haute sécurité de Yare III (70 km de Caracas).En 2023, le président déchu Nicolas Maduro a ordonné une opération militaire pour intervenir dans les principales prisons du pays, contrôlées pendant des années par des gangs. La présidente par intérim Delcy Rodriguez, qui a succédé à Nicolas Maduro après sa capture par l’armée américaine en janvier, a notamment promis une réforme judiciaire.