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Entretien« Je ne serais pas arrivé là si… » Chaque semaine, « Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. Le danseur étoile évoque l’importance des femmes, et de sa sœur en particulier, dans sa construction.

Solaire dans son pantalon de laine bariolé, empli de joie diffuse, ainsi apparaît Guillaume Diop, 26 ans, dans un bureau de l’Opéra de Paris, pour une heure d’entretien. Le prodige a su surmonter quelques épreuves – anorexie, racisme – avant d’imposer son style aérien dans le répertoire romantique et de devenir le premier danseur étoile noir de la compagnie. L’héritier de Rudolf Noureev sera à l’affiche de La Bayadère à partir du 17 juin.

… si je n’avais pas eu une relation aussi forte avec ma sœur, Juliette, de deux ans plus âgée que moi. C’est grâce à elle que j’ai pu commencer la danse. Elle était inscrite à un cours d’éveil au Centre Binet, à Paris (18e arrondissement). Quand nous allions la chercher avec ma mère, je me faufilais au milieu des élèves. Elle m’a aussi beaucoup aidé à prendre du recul sur ma vie, qui est parfois un peu bizarre en raison de mon statut de danseur professionnel. Elle travaille dans la finance. J’ai profité à fond de son cercle d’amis qui avaient une scolarité normale, au sein de collèges et de lycées généraux.