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Entretien« Je ne serais pas arrivée là si… » Chaque semaine, « Le Monde » interroge une personnalité sur un moment décisif de son existence. L’humoriste et comédienne évoque son enfance triste, devenue moteur d’émancipation.

Humoriste, comédienne et chroniqueuse, Nora Hamzawi est devenue, en une dizaine d’années, l’une des meilleures stand-upeuses françaises. De celles qui transforment le rire en thérapie pour tous en partageant avec franchise ses angoisses et son regard sur le monde. A 43 ans, après avoir été remarquée au cinéma, notamment dans des films d’Olivier Assayas (Doubles vies, 2019 ; Hors du temps, 2024), elle poursuit la tournée de son troisième spectacle, qui se terminera début décembre aux Folies-Bergère, à Paris. Elle vient aussi de lancer sur YouTube un nouveau podcast, « En apparence », sous forme de conversations joyeuses sur le physique.

Si je n’avais pas eu, très jeune, un désir d’émancipation, une envie pressante de grandir. Ce besoin de devenir indépendante au plus vite est d’abord lié à un cadre familial un peu dysfonctionnel, à une mère veuve, dépressive. J’avais le sentiment que ma vie ne ressemblait pas forcément à celle de mes copains et copines. L’ambiance à la maison n’était pas légère. Je n’avais aucune activité extrascolaire, c’est comme s’il n’y avait pas l’espace mental pour le plaisir. J’espérais avec force que le meilleur était à venir. C’était un peu de la pensée magique, une sorte d’énergie vitale qui me faisait dire : « Sois patiente, plus tard, quand tu pourras choisir, ce sera bien. »