La nouvelle première ministre, Christine Fréchette, risque de défoncer l’enveloppe budgétaire de 250 millions que lui a réservée son collègue aux Finances, qui l’a d’ailleurs rappelée à l’ordre dans un courriel envoyé le 2 mai dernier.Dans son budget déposé en mars, Eric Girard avait laissé une somme de 250 millions de dollars à la disposition du prochain premier ministre. Deux mois plus tard, la première ministre Fréchette ne s’engage plus à respecter cette limite.« Il faut trouver le juste équilibre. Si la situation évolue du côté des finances publiques et qu’elle évolue aussi pour les Québécois, il faut redéfinir ce juste équilibre-là », a-t-elle plaidé samedi à son arrivée au conseil général de la Coalition avenir Québec, organisé à Lévis.À plusieurs reprises, les journalistes ont demandé à Mme Fréchette si elle comptait respecter le budget de 250 millions qui lui a été réservé. Elle n’a pas répondu directement à la question. « On est dans l’enveloppe à l’heure actuelle », a-t-elle souligné.Sauf que cette situation ne devrait pas durer longtemps. Le Journal de Québec écrivait samedi matin que le gouvernement annoncera lundi l’abolition de la TVQ sur plusieurs produits d’épicerie. La mesure doit coûter environ 100 millions de dollars par année au trésor québécois.Elle s’ajoute à des annonces déjà faites, notamment celle sur les remboursements de la taxe de bienvenue aux premiers acheteurs (140 millions par année) et du coût carbone aux agriculteurs (41 millions de dollars cette année). Elle arrive aussi après l’annonce d’une baisse d’impôts pour les PME, évaluée à 46 millions par année (230 millions sur 5 ans).Jusqu’ici tout va bienEn clair : l’enveloppe de 250 millions de dollars ne suffit plus. « [Jusqu’ici], ce qui est annoncé est à l’intérieur de 250 millions. [Mais] effectivement, il y a d’autres gestes qui sont considérés », a d’ailleurs convenu le ministre Girard.Le ministre des Finances a ajouté que l’état des finances publiques « est quand même meilleur, un peu meilleur que ce qui était prévu au budget ». « Donc on va poser les bons gestes au bon moment pour aider les Québécois », a-t-il affirmé.Dans un texte publié samedi, Radio-Canada a rapporté que M. Girard a averti sa collègue première ministre des coûts associés à ses promesses. « Je me dois de souligner que je suis inquiet du nombre d’annonces considérées par notre gouvernement depuis votre élection », a-t-il écrit.« [Les Québécois] connaissent l’état des finances publiques et souhaitent une première ministre responsable qui ne dépense pas à tout vent comme son prédécesseur était perçu », a poursuivi le ministre.Devant les journalistes, M. Girard a minimisé l’importance de cette missive. « J’ai écrit des centaines et des centaines de courriels similaires », a-t-il déclaré. « J’assume mes responsabilités. C’est mon travail. Je suis le gardien des finances publiques. »« Le bon équilibre »La première ministre a quant à elle dit chercher à « trouver l’équilibre entre la gestion des finances publiques et [la bonne] réponse aux besoins des Québécois dans un contexte qui est difficile ».Outre les mesures concernant la TVQ, la taxe de bienvenue, les PME et les agriculteurs, Mme Fréchette s’est engagée à utiliser les revenus supplémentaires liés à l’augmentation du prix de l’essence pour réduire le coût des immatriculations.À la mi-mars, le ministre des Finances avait cependant expliqué que l’idée d’une aide à la pompe comprenait plusieurs limites. Notamment, parce que la taxe sur le carburant et la baisse de la demande contrebalancent la hausse des revenus de la TVQ engendrée par une hausse du coût de l’essence. Le gouvernement fédéral a, depuis, annoncé un congé de taxe d’accise. Cette mesure affectera à la baisse les revenus de la TVQ.