La première ministre, Christine Fréchette, a dû reconnaître mercredi qu’elle ignorait le montant de la dette du Québec et n’était pas au courant de la hausse prévue d’une taxe à compter du 1er janvier.Le député libéral André Fortin lui a rappelé que certaines primes d’assurances coûteront plus cher à partir du premier jour de 2027, tel que le gouvernement l’avait annoncé dans le budget 2025.« Est-ce qu’elle le savait ? » a demandé l’élu libéral à son interlocutrice dans le cadre de l’étude des crédits, un exercice de reddition de comptes annuel à l’Assemblée nationale.La première ministre a été contrainte de répondre par la négative. « Ce n’était pas dans mon territoire à moi quand ça a été annoncé, j’étais à l’Économie, à l’Innovation, à l’Énergie, donc je n’étais pas nécessairement au fait du détail de cette augmentation-là », a-t-elle dit.
Le député Fortin a rappelé que Mme Fréchette multiplie les annonces pour « en redonner aux Québécois », qui sont confrontés à la hausse du coût de la vie. « Mais le 1er janvier, vous arrivez avec des mesures qui vont aller piger dans les poches des Québécois. Après l’élection, comme par hasard », a-t-il lâché. Il faisait référence au fait qu’à partir de la nouvelle année, la taxe sur les primes d’assurance automobile et habitation passera de 9 % à 9,975 %, pour s’aligner sur la taxe de vente du Québec.Incapable de chiffrer la detteL’étude des crédits sert parfois à tester les connaissances des élus sur divers sujets. L’ex-premier ministre, François Legault, en avait fait l’expérience en 2021 : il avait été incapable de répondre à une question de la députée solidaire Manon Massé, qui l’interrogeait sur le coût médian d’un appartement à louer à Montréal.De la même façon, Mme Fréchette n’a pas pu chiffrer le montant de la dette du Québec. « 38,8 », a-t-elle d’abord répondu, en faisant référence à la dette nette du Québec au 31 mars 2026, en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).Voyant que la première ministre ne trouvait pas le montant de la dette, le député Fortin l’a informée d’un montant de 259 milliards de dollars. « J’en conclus, madame la première ministre, que vous ne savez pas c’est quoi, le chiffre de la dette au Québec », a-t-il dit du même souffle.André Fortin a reproché à la Coalition avenir Québec d’avoir creusé la dette de 75 milliards de dollars depuis 2018. Sauf que « le poids de la dette a diminué », a rétorqué Mme Fréchette. « Je comprends que vous voulez dire que montant [de la dette] a augmenté, mais le PIB aussi », a-t-elle souligné, en faisant état du rattrapage économique à l’Ontario. « Il faut toujours regarder la dette dans son contexte », a-t-elle plaidé.M. Fortin lui a aussi demandé si elle jugeait qu’un logement à 1600 $ par mois était « abordable ». « Ça ne me semble pas très abordable », a répondu la première ministre. Or, en vertu de la nouvelle catégorie de « logements abordables intermédiaires » créée par l’ex-ministre de l’Habitation France-Élaine Duranceau, un logement « abordable intermédiaire » de deux chambres peut notamment 1678 $ par mois à Gatineau.









