Il y a un mois, Christine Fréchette s’est lancée au pas de course dans son nouveau rôle de première ministre, déterminée à laisser derrière elle l’image d’une politicienne qui avance à reculons. Le Devoir a suivi de près quelques-uns de ses premiers pas au-devant de la scène de la politique québécoise. Rapport préliminaire.
8 jours avant de prendre le pouvoir, mardi 7 avril, Montréal
Entre deux entrevues, Christine Fréchette met le nez dans ses notes. Elle rappelle s’être préparée au second face-à-face avec son adversaire dans la course à la direction de la Coalition avenir Québec, Bernard Drainville, dans ce local de l’édifice de la Banque Royale, à Montréal. « Bernard a fait de moi une meilleure candidate. » Il lui a permis de montrer une nouvelle combativité. « Le bouton est là. Puis, je peux l’activer. Ce n’est pas quelque chose que les gens ont vu d’emblée chez moi, mais c’est bel et bien là », souligne-t-elle.3 jours avant, dimanche 12 avril 2026, Congrès à la direction de la CAQ, Drummondville
Christine Fréchette et Bernard Drainville attendent les résultats de la course à la succession de François Legault, chacun de leur côté de la salle du Centrexpo de Drummondville. Une musique survitaminée s’élève. Des photographes, des caméramans et des reporters sont agglutinés devant chacun des candidats afin de saisir leur première réaction à l’annonce des résultats.Le directeur du protocole et de tournée au cabinet du premier ministre, Stavros Mourelatos, se colle à ceux qui sont rassemblés devant la députée du 450. Pour signaler sa présence, il tient en l’air une chemise bleue. Christine Fréchette l’ignore peut-être encore, mais elle est première ministre désignée. En effet, Stavros Mourelatos a appris quelques minutes plus tôt par texto que la candidate Christine Fréchette a été préférée par les électeurs caquistes pour prendre la tête de la CAQ et du gouvernement du Québec. Il a aussitôt averti les agents de sécurité pour qu’ils se repositionnent. Il leur a également rappelé de ne pas nommer à haute voix la gagnante afin de ne pas vendre la mèche aux personnes qui les entourent.







