Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement William Keo pour M Le magazine du Monde M le mag M le mag Médias Médias Médias Par Lucas Bretonnier Publié aujourd’hui à 06h00 Article réservé aux abonnés PortraitA 35 ans, l’Italien a ses entrées à Normale-Sup, France Culture, Gallimard et même l’Elysée. Aux commandes de la florissante revue de géopolitique en ligne « Le Grand Continent », l’intellectuel fait résonner les idées des penseurs et décideurs du moment, de l’économiste de gauche Thomas Piketty aux idéologues du trumpisme. Mais certains lui reprochent de normaliser les extrêmes en s’abstenant parfois de toute analyse critique. L’accent italien de Gilles Gressani résonne pour la première fois à Paris en septembre 2010. Dans une classe d’hypokhâgne du lycée Louis-le-Grand, un professeur demande à ses élèves de lire, chacun leur tour et à haute voix, un texte de leur choix. Charge aux autres d’en deviner l’origine. L’un récite Molière, Gilles Gressani s’exclame : « C’est Tartouffe ! » Rires dans la salle. Le jeune Italien n’habite en France que depuis un an. Il a passé les dix-huit premières années de sa vie dans la Vallée d’Aoste, loin de la montagne Sainte-Geneviève, 33 petits mètres d’altitude, place du Panthéon – là où on ne manque pas d’air. Quinze ans plus tard, c’est sur les ondes de France Culture que vibre son phrasé. Depuis septembre 2025, tous les vendredis matin, Gilles Gressani assure « La chronique du Grand continent », du nom de la revue de géopolitique en ligne qu’il a cofondée en 2019. L’exemplaire papier annuel, édité chez Gallimard, paraîtra le 28 mai sous le titre L’ennemi qui nous désigne. Apprendre à résister aux prédateurs. Le précédent, L’Empire de l’ombre. Guerre et terre au temps de l’IA, s’est vendu à 15 000 exemplaires. Son directeur, après avoir œuvré dans l’ombre, court les plateaux télé. Sa revue, traduite en espagnol, en italien, et bientôt en intégralité en allemand et en polonais, est déjà une référence dans les milieux intellectuels, politiques et diplomatiques européens. En septembre, il accompagnait Emmanuel Macron au siège de l’Organisation des Nations unies, à New York, pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine. Il vous reste 91.42% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.