CHRONIQUE. Marine Le Pen, Édouard Philippe et Dominique de Villepin : trois candidats à la présidentielle sont entre les mains de juges. Mais pas Jean-Luc Mélenchon ! À croire qu’on veut lui nuire en le passant à l’as !En ces temps pré-présidentiels, comme elle en prend l’habitude, la justice met sa patte dans la compétition. Inutile de rappeler que Marine Le Pen attend le 7 juillet pour savoir si elle pourra se représenter ou devra laisser sa place à son dauphin Bardella. La cour d’appel le dira, ayant à se prononcer sur la peine en première instance de 4 ans de prison, dont 2 fermes, et 5 ans d’inéligibilité. Fort heureusement, la justice ne se laisse pas impressionner par l’enjeu.Trois candidats aux mains des jugesMais voilà un nouveau sur le marché judiciaire : Dominique de Villepin, sur lequel le parquet financier ouvre une enquête pour suspicion de recel de détournement de fonds publics. Ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, il s’est fait offrir, par un chef d’État africain et un industriel italien, une statuette et un buste d’une valeur de 75 000 et 50 000 euros. Les ayant rendus ces jours derniers, ayant confessé son erreur, ce qui a dû lui coûter, Villepin expédie cette affaire d’un revers de main, une méchante manipulation politique sur fond de jalousie, à l’en croire. Fort heureusement, le parquet ne se contente pas de pareille contrition, il va y voir de plus près.Et puis, dernier candidat déclaré à la présidentielle à rentrer sur la scène judiciaire, voici Édouard Philippe, mis entre les mains d’un juge d’instruction à la demande du parquet national financier, soupçonné de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt. Maire du Havre, il aurait confié la gestion de la Cité numérique de la ville à une association dont la présidente est aussi son adjointe, la subventionnant de plus de 2 millions. Déjà, Édouard Philippe a été entendu, son bureau perquisitionné, mais il se dit d’une sérénité totale. Fort heureusement, la justice ne s’en contente pas.Trois candidats à la présidentielle, trois aux mains de juges et aux prises avec des soupçons. Et moi ? Et moi ? doit s’écrier Jean-Luc Mélenchon, jaloux d’être ainsi tenu pour quantité négligeable. Car lui, on dirait bien que personne n’en veut, aucun magistrat du parquet financier, aucun juge d’instruction. Depuis 2017, il est visé par une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (Olaf) pour avoir utilisé deux de ses assistants parlementaires au profit de son activité politique en France quand il était député européen entre 2009 et 2017. Un préjudice évalué à 500 000 euros au détriment du Parlement européen. Exactement les faits que l’on reproche à Marine Le Pen, sauf que son instruction à lui reste en cours, sans qu’il ait jamais été entendu par qui que ce soit. Dix ans que ça dure. Dix ans qu’on l’ignore. La douleur intime de MélenchonEt voilà l’injustice faite à Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ainsi le maltraiter en l’ignorant ? Pourquoi le tenir pour insignifiant ? Comme s’il était, lui, un candidat secondaire. Comme s’il ne méritait pas autant que les autres qu’on lui mette des bâtons dans les roues. Comme s’il comptait pour du beurre.Reconnaissons à Jean-Luc Mélenchon son sens, son goût, son obsession de la justice sociale, de l’égalité entre humains, et c’est à lui que l’on inflige ce sort discriminatoire, humiliant pour tout dire. Que ne crie-t-il pas ? Que ne réclame-t-il la justice pour lui comme pour tous ? Son silence, probablement, en dit long sur sa douleur intime.Pire que tout, même Bayrou, François Bayrou, qui n’est pourtant plus de la partie présidentielle, n’en a pas fini avec cette histoire des attachés parlementaires européens. Lui, on l’a jugé, avec ses amis. On a condamné certains d’entre eux et on l’a relaxé, lui. Mais la justice ne s’en tient pas là, ce serait trop commode. Le parquet financier a fait appel de sa relaxe. La cour d’appel, deux ans et demi après, le jugera encore, du 9 septembre au 5 octobre prochains. Voilà une justice qui tient debout comme l’aime Jean-Luc Mélenchon. Mais qui, visiblement, ne l’aime pas. Destitué de ce champ judiciaire où il aurait fait merveille, victime maltraitée par l’appareil judiciaire de la bourgeoisie, révolutionnaire que l’on veut abattre en l’ignorant, Mélenchon est condamné à faire campagne en morne plaine. De grandes envolées où on l’entendrait clamer « la République, c’est moi », « la démocratie, c’est moi », « c’est moi que l’on bafoue », c’est tout ça dont la justice le prive et le châtre. Il trouve toujours, certes, à s’époumonner, mais le cœur y est-il ?
L’injustice faite à Jean-Luc Mélenchon
CHRONIQUE. Marine Le Pen, Édouard Philippe et Dominique de Villepin : trois candidats à la présidentielle sont entre les mains de juges. Mais pas Jean-Luc Mélenchon ! À croire qu’on veut lui nuire en le passant à l’as !













