Ils dansent, ils chantent. La joie est à la mesure du soulagement. Cette soirée leur a longtemps pesé dans les crampons et dans les têtes. Les Lensois ont redouté d’imiter leurs lointains prédécesseurs de 1948, 1975 et 1998 qui, eux aussi, avaient atteint la finale de la Coupe de France sans jamais la gagner. Mais si les hommes de Pierre Sage ont tremblé devant des valeureux Niçois, ils ont brisé la malédiction.Ce vendredi soir, ils ont donc battu Nice (3-1) en tremblant. Mais la manière, tout le monde s’en fiche. À vie, ils sont les premiers Lensois à soulever la Coupe. « J’ai repris le club il y a 10 ans exactement, se souvient le président Joseph Oughourlian. On était dans une période un peu compliquée. J’ai vraiment l’impression qu’on sort d’une période pour entrer dans une autre. On a beaucoup travaillé, beaucoup charbonné, et on est arrivé à quelque chose de très méritoire. On montre qu’on peut encore faire des choses dans le football en travaillant en équipe ».Tout près de lui, son emblématique prédécesseur, Gervais Martel a du mal à cacher son émotion. « Voilà plus d’un siècle qu’on court après, souffle-t-il. Elle ne nous a jamais souri cette Coupe, et aujourd’hui c’est le graal. Quand je pense qu’il y a des gens, des familles qui nous suivent depuis 120 ans… »Pierre Sage, l’entraîneur, est l’homme qui a tout rendu possible. Alors que ses joueurs n’en finissent plus de chanter, il essaie d’intérioriser son bonheur et reste altruiste. « Dans notre métier, on a la chance de pouvoir rendre les gens heureux, lâche-t-il. Quand on connaît notre région et ses difficultés, c’est magnifique. On espère qu’ils se souviendront longtemps de ce jour. J’ai admiré le bonheur pendant quelques années. Le poids du public, ça donne de l’inertie et de la force, on a pris ça comme de la force. C’était le premier homme de l’équipe. Et c’était l’anniversaire de notre club, les 120 ans, et on s’était promis de leur faire le plus beau des cadeaux. On se félicite d’avoir pu accomplir ça. »À voir aussi« J’étais sûr qu’on allait gagner cette finale »Interrogé sur un changement personnel de dimension, Sage a manié l’humour. « C’est juste la première fois que je termine une saison entière en L1, ce qui ne m’était pas arrivé les deux premières années. Et mon changement de dimension, ce sera simplement un changement de tenue la saison prochaine (sourires) ! »Dans les travées du Stade de France, le bonheur est irradiant. Un homme, plus que les autres, savoure l’intensité des dernières semaines. Le gardien Robin Risser, sélectionné récemment par Didier Deschamps pour la Coupe du monde et qui cumule les joies. « Ce club le mérite tellement, assure-t-il. Ce sont des sentiments incroyables, une grande fierté. L’image que je garderais, c’est quand on a soulevé le trophée car c’est une joie collective. C’est la victoire d’une équipe, d’un groupe, d’un club et de toute une région. On avait à cœur d’offrir ce cadeau à nos supporters pour mettre une cerise sur le gâteau après notre magnifique saison. Il faut prendre conscience de ce qu’on a réalisé et bien en profiter maintenant. »Florian Thauvin, désigné à raison meilleur joueur de la finale, savoure aussi : « « On a réussi à entrer dans l’histoire du club, assène-t-il. On a rendu fier nos supporters qui nous ont soutenus toute la saison. Félicitations à notre équipe, c’était une saison incroyable. On est super content. J’avais à cœur de remporter un premier trophée en club, ce manque est comblé. On a fait une saison de dingue. ».Et Adrien Thomasson le précieux capitaine qui a disputé son dernier match sous le maillot nordiste avant de rejoindre Rennes est au diapason : « J’avais rêvé de cette fin. Je peux partir le cœur léger, le devoir accompli. Je suis en paix avec moi-même. Depuis les quarts de finale, je savais qu’on pouvait aller au bout. Mais je ne le disais pas trop. Les jours précédents, j’étais sûr qu’on allait gagner cette finale. L’ambiance était exceptionnelle. On n’a pas arrêté de se dire avant le match qu’on jouait à domicile. On savait que nos fans allaient venir en nombre. Mais on a quand même été impressionnés. Quand on est venu s’échauffer, on a eu des frissons. Ils nous ont poussés pendant tout le match. Maintenant, on a hâte de les rejoindre pour fêter ça avec eux. »