À jamais les pionniers. Ceux qui auront offert au bout de 120 ans la première Coupe de France de son histoire au RC Lens contre Nice (3-1). Pour très longtemps, on parlera de ces Lensois 2026. Parce que comme leurs glorieux aînés champions de France en 1998, ils auront fait mieux que procurer des émotions à leur sublime public. Les émotions, cela s’oublie au fil des ans dans les mémoires. Les frissons sont solubles dans le vent du temps. Mais un palmarès cela reste.Ce Lens-là n’a pas seulement battu Nice. Il va durer dans une région où on connaît la valeur de ceux qui vous mettent tout en haut. Parce que là-bas, on sait la dureté de vivre en bas et même en dessous. Longtemps, on dira désormais Pierre Sage comme on se rappelle Daniel Leclerc, l’entraîneur iconique du titre 1998.On se racontera Thauvin, Saint-Maximin, Udol ou Thomasson comme on susurre un conte de fées aux enfants. Qu’on conclurait d’un : Et à la fin, ils se marièrent avec leur public et furent très heureux. Parce que cette Coupe de France scelle une saison magnifique avec une qualification directe en Ligue des champions, de la fierté plein les gradins et des émotions par palettes.Avant le coup d’envoi, on se disait que le match n’était pas vraiment équilibré. Pas parce que, de son côté, Nice a complètement raté sa saison mais parce que dans le Stade de France, il y avait trois tribunes Nord dans l’enceinte. Près de 60 000 Lensois étaient venus en témoignage d’amour et de passion. Avec leurs cascades de rouge et or, ils ont mis le Stade de France aux couleurs d’un soleil couchant et ce fut un beau mariage avec le ciel de Saint-Denis.À voir aussiThauvin, le Monsieur plusLe match ne fut pas fantastique mais ce n’est pas vraiment ce qu’on attend d’une finale quand le bonheur ou la trouille semblent se poser en funambule sur le même fil. Lens se savait archi-favori et les Niçois n’avaient donc rien à perdre. Quand le feu rencontre l’eau glacée, cela produit rarement des étincelles.Lens a dominé bien sûr mais Nice n’a pas franchement déjoué. Dans la tribune azuréenne, on ne savait pas si les supporters appréciaient la combativité retrouvée des Aiglons ou s’ils auraient aimé la voir un peu plus en championnat. Ce qui aurait évité les deux barrages de la trouille la semaine prochaine (26 et 29 mai) face à Saint-Étienne pour rester en Ligue 1.Même englués dans le pressing azuréen, les Nordistes ont su conserver leur sérénité. C’était écrit, cette finale pencherait aussi sur un éclat de talent. Et à Lens, un homme en est pétri. Florian Thauvin, revenu en France cette saison pour redisputer une Coupe du monde et vivre des émotions. Il a raté de peu son pari de convaincre Didier Deschamps de l’embarquer pour les États-Unis. Mais son mental est du fer des pioches de mineur.En surgissant entre trois Niçois à la réception d’un centre d’Udol, il ouvre le score (1-0, 26e). Et Bollaert, pardon le Stade de France rugit. Et quand Odsonne double la mise d’une jolie tête (2-0,42e), tout semble fini pour Nice. Sauf que Coulibaly, d’une tête décroisée, dans le temps additionnel (2-1, 45e + 3) remet les Lensois sous pression.Et encore plus quand la tête d’Antoine Mendy s’écrase sur la barre d’un Risser battu (61e). Tout est inversé : Nice pousse, Lens tremble. Mais on l’a dit, Lens vit un conte de fées cette saison. Et à la fin, tout se termine bien. Dante rate sa tête et Sima devance Mendy dans son duel et envoie, en glissant, le ballon dans le but. (3-1, 78e). Ce n’est pas le but de l’année mais pour les Lensois, c’est le but de 120 ans.
Lens - Nice (3-1) : les Sang et Or enfin rois de la Coupe de France
Le RC Lens remporte la première Coupe de France de son histoire en battant Nice 3-1, ce vendredi, au Stade de France. Thauvin, Édouard et Si












