Le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, a prêté serment vendredi à la Maison-Blanche devant Donald Trump, à l’égard duquel le nouveau banquier central devra prouver son indépendance dans un contexte économique tendu.Désigné par le président américain avant de voir sa candidature validée par le Sénat mi-mai, M. Warsh prend ses fonctions alors que la guerre au Moyen-Orient pèse sur l’économie américaine et mondiale et relance l’inflation.« Afin de remplir cette mission, je compte diriger une Réserve fédérale tournée vers des réformes, apprenant de ses succès et de ses erreurs du passé et respectant des critères clairs d’intégrité et de performance », a déclaré M. Warsh lors de son discours.Il a appelé les gouverneurs de la Fed à poursuivre leurs objectifs « avec sagesse, clarté, indépendance et détermination », ajoutant que « l’inflation peut être plus faible, la croissance plus forte, le salaire réel plus élevé et les États-Unis plus prospères ».C’est la première fois depuis Ronald Reagan que le nouveau patron de la Fed prêtait serment à la Maison-Blanche, en présence du président américain, de quoi relancer les critiques sur le manque d’indépendance supposé de Kevin Warsh vis-à-vis de Donald Trump.Car ce dernier ne le cache pas : il espère avoir un soutien de la part de la Fed à sa politique économique, notamment avec une baisse de taux pour soutenir la croissance américaine.Dans un long discours introductif, le président américain a présenté M. Warsh en estimant qu’il « comprend que l’économie est en plein essor, c’est une bonne chose. Nous voulons mettre un terme à l’inflation, mais nous ne voulons pas mettre un terme à la grandeur ».S’adressant au nouveau banquier central, il a cependant assuré qu’il souhaitait que Kevin Warsh soit « complètement indépendant » et qu’il défende « l’intégrité de la Fed, qu’ils prennent leurs propres décisions et qu’ils les prennent bien ».