Publié le 22/05/2026 20:34
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En un an, Bruxelles (Belgique) a été le théâtre de 25 fusillades commises depuis des trottinettes électriques. Elles sont devenues le nouveau moyen de locomotion des dealers. Les autorités proposent d'utiliser la reconnaissance faciale afin d'endiguer ce phénomène.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.Sur une trottinette, un trafiquant de drogue se filme alors qu'il s'apprête à ouvrir le feu. Rapides, accessibles en libre-service, ces engins sont devenus l'accessoire habituel des trafiquants. À Bruxelles, 25 fusillades ont été commises à l'aide d'une trottinette l'année dernière. Jean Spinette, maire de Saint-Gilles, en région bruxelloise, raconte comment, dans son quartier, les trafiquants les ont utilisées pour régler leurs comptes : "C'est une personne qui vient du deal de là-bas, qui descend pour aller tirer sur des concurrents sur le marché de la drogue. Ils sont véhiculés de manière très rapide en trottinette. Ils peuvent poser le ventre sur la trottinette et tirer."La trottinette sert à livrer la drogue et transporter l'argent du trafic. Elle sert aussi aux clients. Un moyen efficace d'échapper aux arrestations. "Du coup, quand la police intervient, le vendeur n'a rien sur lui, puisque l'argent et la drogue sont repartis en trottinette", explique l'élu. Les dealers les posent par terre pour ralentir les véhicules de police. Ils l'utilisent aussi pour faire le guet. Ce fléau, les élus tentent d'y remédier. Désormais à Bruxelles, obligation d'enregistrer sa pièce d'identité avec photo. Objectif : identifier d'éventuels trafiquants de drogue. Mais la ville veut aller plus loin et utiliser la reconnaissance faciale pour chaque trajet. Guillaume Burland, responsable d'un parc de trottinettes en libre-service, redoute une baisse d'activité : "Faire un selfie en plus, c'est quelque chose qu'on est en train de regarder. Mais il faut savoir que chaque étape supplémentaire qu'on demande a des conséquences en termes d'utilisation." Ces trottinettes sont déjà immatriculées et équipées de GPS. Les forces de l'ordre peuvent réclamer ces données sur réquisition. Mais au nom de la lutte contre le trafic, les usagers sont-ils prêts à partager leur visage avec la police ? "S'il y a moyen d'arrêter tout ce qui est trafiquant de drogue, tout ce qui est même autre chose, vraiment tous les délits, si on peut vraiment contrecarrer tout ça avec des solutions de ce type-là, pourquoi ne pas en parler ?", estime un passant. "Ça peut être utile mais du coup ça veut dire que ces données-là seraient à disposition de la police. Et moi je vous avoue que je ne suis pas très fan de ça", reprend un autre.Pour lutter contre le trafic de drogue, le parquet de Bruxelles veut, lui, interdire toutes les trottinettes dans la capitale belge. Et tant pis pour les usagers sans histoire.








