Un défilé du 9-Mai au rabais et sous tension, la grogne de Russes privés d’Internet sur leurs portables et une phrase sibylline sur la « fin » de la guerre en Ukraine : certains analystes voient Vladimir Poutine buter sur les difficultés.La liste des éléments défavorables au président russe s’allonge. Que ce soit sur le champ de bataille, en matière d’indicateurs économiques ou, plus prosaïquement, dans les témoignages mécontents de Moscovites privés d’Internet mobile pour « raisons de sécurité ».Après quatre années d’une guerre terriblement meurtrière, l’objectif de Vladimir Poutine, au pouvoir depuis 26 ans, de s’emparer de la totalité de la région industrielle ukrainienne du Donbass, dans l’est, n’est toujours pas atteint.Et pour la première fois depuis l’été 2023, selon une analyse par l’AFP des données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), les forces russes ont perdu du terrain en Ukraine entre mars et avril.La Russie occupe aujourd’hui un peu plus de 19 % de ce pays voisin, dont environ 7 %, en Crimée et dans les zones du Donbass, étaient déjà sous contrôle russe ou prorusse avant la vaste offensive de février 2022.« Seuil psychologique »« On a franchi le seuil psychologique des quatre ans, certains ont compris que tout ne se déroulait pas tout à fait comme prévu », souligne Konstantin Kalatchev, un politologue russe interrogé par l’AFP.Le ministère russe de la Défense, prompt à annoncer la prise de la moindre localité ukrainienne depuis le début de l’invasion, diffuse désormais moins souvent ce type de communiqués triomphalistes.À la veille du 9-Mai, le jour où la Russie célèbre la capitulation de l’Allemagne nazie, la tension est à son comble : la Russie, qui bombarde régulièrement Kiev sans prévenir, appelle cette fois ambassades et population à évacuer la capitale ukrainienne.Elle promet un déluge de feu, sur notamment les centres de décision », si l’Ukraine ose perturber le traditionnel défilé sur la place Rouge, sans matériel militaire lourd pour la première fois en près de 20 ans.L’escalade n’aura pas lieu : une trêve de trois jours, annoncée in extremis le 8 mai par Donald Trump, est acceptée par les deux parties.Et le président ukrainien Volodmyr Zelensky se fend d’un décret inédit, inimaginable quelques mois auparavant, pour dire à son armée de ne pas lancer de drones sur la place Rouge.Au soir du 9 mai, Vladimir Poutine lâche une formule qui fera les gros titres de la presse internationale : il évoque l’hypothèse d’une « fin » proche de la guerre, tout en reprochant l’aide occidentale à l’Ukraine.Selon des analystes, il s’agit d’un message à l’intention de l’opinion publique dans un difficile exercice d’équilibriste.