Une douzaine d’huîtres, une quille de vin blanc et trois copains qui rigolent debout sur un trottoir parisien. La scène ressemble assez à un début de soirée parfaite. « C’est vrai qu’on est pas mal ici », s’amusent les convives.Les trois compères se sont retrouvés en ce mercredi de mai au café Buci (52, rue Dauphine, VIe arrondissement) attirés par l’odeur iodée des huîtres. Des coquillages vendus 1 euro l’unité qui attirent les foules à chaque événement organisé par « l’Effet mer », la société montée par Aymar de Bourmont et Pablo Briffaut, deux copains âgés de 22 et 23 ans.« À Paris, les huîtres ont une image de produit de luxe qu’on consomme seulement à noël alors que dans plein d’autres villes et pas qu’au bord de la mer, on en mange facilement à l’apéro, explique Pablo Briffaut. On voit moins d’ostréiculteurs venir vendre leurs produits dans la capitale. Les brasseries les proposent souvent un peu cher. On a donc décidé de remettre les huîtres au goût du jour et que ce soit un truc simple et convivial. Le plus efficace était de les proposer dans différents lieux comme des bars ou des restaurants pour créer des moments joyeux et festif. »Le jeune homme s’appuie sur la production ostréicole de son oncle à Locmariaquer (Morbihan) pour servir sans intermédiaire des huîtres consommées dès le lendemain de leur sortie de l’eau. Une communication efficace sur leurs réseaux sociaux qui cumulent plus de 20 000 personnes permet ensuite de constituer une communauté prête à traverser tout Paris pour s’offrir une parenthèse iodée.À voir aussi« Je suis breton mais je n’ai pas le réflexe d’acheter des huîtres à Paris »Gaspard et Céline n’ont eu que quelques stations de métro à emprunter pour déguster leurs 18 huîtres. « Je viens de Montpellier et j’adore ça mais j’en mange rarement à Paris car c’est souvent cher, explique l’homme de 25 ans. Je vois souvent passer leurs événements sur les réseaux et ça m’a donné envie de venir y goûter. »À quelques pas de lui, Yohann finit son assiette de n°3 en dégustant un verre de blanc. « Je suis breton mais je n’ai pas le réflexe d’acheter des huîtres à Paris, explique l’agent immobilier. Ici, je retrouve des copains et on se fait plaisir pour pas trop cher. Le concept est vraiment bien trouvé. »Les mille huîtres prévues pour la soirée sont toutes ouvertes par Smaïl, un écailler historique du quartier de Montparnasse. Ses doigts experts ne mettent qu’une paire de secondes à faire sauter délicatement la coquille.Près de lui, Pablo propose aux convives, en plus du classique vinaigre-échalotes, de goûter les coquillages avec une convaincante sauce soja yuzu surmonté de quelques zestes de citron vert quand ce n’est pas un mélange de miel, poivre et piment. Pour l’été, le duo a concocté avec le chef étoilé Gérard Sallé un mélange de vinaigre et de purée de mangue aux deux citrons.Plusieurs fois par semaine, l'entreprise lancée par deux jeunes de 23 et 22 ans fait venir des membres de leur communauté pour déguster des huitres à 1 euro seulement.« Cela permet à des gens qui craignent un peu de goûter les huîtres de commencer par une approche plus facile. C’est aussi l’avantage du prix que de pouvoir tester une ou deux huîtres quand on n’en a pas l’habitude ».À ces soirées dans des bars, la jeune entreprise ajoute désormais des événements privés en France ou en Europe et même des oysters (huître en Anglais) partys avec DJ set et dégustation d’huîtres. « On a déjà eu des soirées avec des milliers de personnes, cela a été un peu dingue, sourit Pablo Briffaut. L’huître est un produit super bon pour la santé mais surtout qui rassemble. Notre ambition est juste de la partager avec le plus de monde possible. »
Paris : des huîtres vendues à 1 euro pour casser l’image « de produit de luxe qu’on consomme seulement à noël »
Des huîtres fraîches à 1 euro l’unité attirent une clientèle nombreuse dans des bars parisiens. Le jeune duo à la tête de la société « l’Eff








